Taxi conventionné à Paris en 2026 : tout savoir sur le remboursement par la Sécurité sociale, les conditions et les démarches
📌 À retenir en 30 secondes
- Le taxi conventionné est un taxi agréé par la CPAM qui transporte des patients vers ou depuis des soins médicaux, avec prise en charge partielle ou totale par l’Assurance Maladie.
- Taux de remboursement standard : 55 % du tarif conventionnel. Prise en charge à 100 % pour les ALD, accidents du travail, femmes enceintes et autres cas spécifiques.
- Condition indispensable : obtenir une prescription médicale de transport (bon de transport) rédigée par votre médecin avant le trajet — sans elle, aucun remboursement n’est possible.
- Le logo bleu « Taxi conventionné – Organismes d’assurance maladie » sur la vitre arrière droite identifie un taxi agréé CPAM.
- La franchise médicale de 4 € par trajet s’applique (plafond 50 €/an), sauf exonérations spécifiques.
- Avec le tiers payant, vous n’avancez aucun frais : le chauffeur est directement remboursé par la CPAM.
Vous devez vous rendre à l’hôpital pour une dialyse, une chimiothérapie ou une consultation liée à une affection de longue durée, mais vous ne pouvez pas conduire ni prendre les transports en commun seul ? Le taxi conventionné existe précisément pour ces situations — et pourtant, des milliers de patients parisiens ne savent pas qu’ils y ont droit, ne connaissent pas les démarches, ou découvrent trop tard qu’ils ont manqué la formalité indispensable : le bon de transport rédigé avant le trajet.
Dans ce guide complet, nous détaillons tout ce qu’il faut savoir sur le taxi conventionné à Paris en 2026 : qui peut en bénéficier, comment obtenir la prescription médicale, quel est le taux de remboursement selon votre situation, comment trouver un taxi agréé CPAM, et comment éviter les erreurs qui font perdre le remboursement.
Qu’est-ce qu’un taxi conventionné et en quoi diffère-t-il d’un taxi classique ?
Un taxi conventionné est un chauffeur de taxi qui a signé une convention avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) de son secteur. En signant cette convention, il s’engage à respecter plusieurs obligations précises : appliquer les tarifs plafonnés définis par la convention nationale, accepter le tiers payant (facturer directement la CPAM plutôt que le patient), respecter les obligations de ponctualité et de confort, et transmettre les documents administratifs à la CPAM après chaque trajet.
La différence fondamentale avec un taxi classique est simple : si vous prenez un taxi non conventionné pour vous rendre à un soin médical, l’intégralité des frais reste à votre charge, même si votre état de santé justifie pleinement ce transport. La CPAM ne rembourse que les transports effectués par des opérateurs conventionnés, sur prescription médicale préalable.
Comment reconnaître un taxi conventionné à Paris ?
La réglementation impose aux taxis conventionnés d’afficher un logo bleu « Taxi conventionné – Organismes d’assurance maladie » sur la vitre arrière droite du véhicule. Ce logo est votre première vérification visuelle avant de monter à bord. En cas de doute, vous pouvez contacter directement votre CPAM au 3646 (coût d’un appel local) pour obtenir la liste des taxis conventionnés de votre secteur, ou consulter l’annuaire santé d’ameli.fr.
Qui peut bénéficier d’un taxi conventionné remboursé par la CPAM ?
L’accès au taxi conventionné remboursé n’est pas universel — il est conditionné à votre état de santé et à la nature du trajet. C’est votre médecin qui détermine si votre situation justifie ce mode de transport, en se conformant au Référentiel de prescription des transports (arrêté du 23 décembre 2006, mis à jour en 2025).
Les situations médicales qui ouvrent droit au taxi conventionné
Le médecin prescrit un transport assis professionnalisé (taxi conventionné ou VSL) si votre état de santé nécessite :
- Une aide technique pour vous déplacer : béquilles, déambulateur, fauteuil roulant.
- L’aide d’une tierce personne lors de vos déplacements ou pour des formalités administratives.
- Une contre-indication médicale aux transports en commun.
Le médecin prescrit systématiquement le mode de transport le moins onéreux compatible avec votre état de santé. Si vous pouvez utiliser les transports en commun, votre médecin prescrira de préférence ce mode — même s’il vous semble peu adapté à votre situation. En cas de désaccord, expliquez précisément vos difficultés à votre médecin pour qu’il réévalue.
Les trajets pris en charge par l’Assurance Maladie
Tous les trajets médicaux ne sont pas automatiquement remboursables. Les transports pris en charge sans accord préalable de la CPAM sont :
- Entrée ou sortie d’hospitalisation.
- Transports liés à une Affection de Longue Durée (ALD) : dialyse, chimiothérapie, radiothérapie, consultations régulières liées à l’ALD.
- Soins ou traitements après accident du travail ou maladie professionnelle.
- Déplacements des femmes enceintes du 6e mois au 12e jour après l’accouchement.
- Examens prénataux obligatoires.
- Transport d’un enfant de moins d’un mois hospitalisé.
- Soins dans les CAMSP et CMPP pour enfants et adolescents.
Pour d’autres situations (kinésithérapie hors ALD, consultations non liées à une ALD, etc.), un accord préalable de la CPAM est nécessaire avant d’engager les frais. Votre médecin doit alors remplir le formulaire cerfa n°11575 en plus de la prescription habituelle.
Le bon de transport : la condition sine qua non du remboursement
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse : négliger le bon de transport. Sans prescription médicale de transport rédigée par votre médecin avant le trajet, aucun remboursement n’est possible — même si votre état de santé justifie pleinement ce déplacement, même si vous êtes en ALD, même si le taxi est conventionné.
Ce que doit contenir la prescription médicale de transport
La prescription (formulaire cerfa n°11574) doit mentionner :
- Vos coordonnées et numéro de Sécurité Sociale.
- Les coordonnées et numéro RPPS de votre médecin prescripteur, avec sa signature.
- Le motif médical du transport : consultation, hospitalisation, traitement, examen.
- Le mode de transport prescrit : taxi conventionné, VSL ou ambulance.
- La justification du mode de transport choisi.
- Le lieu et la date du rendez-vous médical.
En cas d’urgence médicale (appel du SAMU – Centre 15), la prescription peut exceptionnellement être établie après le transport par un médecin de la structure de soins dans laquelle vous avez été admis. Ce cas reste l’exception — en dehors de l’urgence, la règle est la prescription préalable.
La durée de validité de la prescription
Une prescription médicale de transport est valable un an pour les traitements réguliers (dialyse, chimiothérapie, etc.). Cela signifie que votre médecin peut établir une prescription couvrant l’ensemble de vos transports liés à un traitement sur une année complète, sans renouvellement mensuel.
Taux de remboursement CPAM : 55 % ou 100 % selon votre situation
Le remboursement du taxi conventionné par l’Assurance Maladie n’est pas identique pour tous. Le taux varie selon votre situation médicale et administrative.
Remboursement à 55 % : le cas général
Le taux de droit commun est de 55 % du tarif conventionnel. Cela signifie que vous payez 45 % du trajet de votre poche (ou que votre mutuelle complète selon votre contrat). Ce taux s’applique notamment pour les entrées et sorties d’hospitalisation hors ALD, et pour certaines consultations spécifiques.
Remboursement à 100 % : les situations d’exonération
La prise en charge intégrale par la CPAM s’applique dans les cas suivants :
- Affection de Longue Durée (ALD) avec troubles locomoteurs ou problèmes physiques reconnus.
- Accident du travail ou maladie professionnelle.
- Invalidité reconnue à 100 %.
- Femme enceinte du 6e mois de grossesse au 12e jour après l’accouchement.
- Bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) ou de l’Aide Médicale de l’État (AME).
- Hospitalisation d’un bébé de moins d’un mois.
- Examen pour diagnostic de stérilité.
La franchise médicale : 4 € par trajet, plafonnée à 50 €/an
Même en cas de remboursement à 100 %, une franchise médicale de 4 € par trajet s’applique sur les transports en taxi conventionné, VSL et ambulance. Un aller-retour représente donc 8 € de franchise. Le plafond est fixé à 50 € par an toutes franchises médicales confondues — au-delà, aucune franchise supplémentaire ne vous est prélevée. Les exonérations de franchise concernent notamment les enfants de moins de 18 ans, les femmes enceintes en suivi de maternité et les bénéficiaires de la CSS.
Le tiers payant : comment ne pas avancer les frais
Si vous êtes pris en charge à 100 % par la CPAM et que votre taxi est conventionné, vous pouvez bénéficier du tiers payant : vous n’avancez aucun frais dans le taxi. Le chauffeur conventionné gère directement la facturation auprès de la CPAM et, si vous avez une mutuelle, auprès de votre organisme complémentaire.
Pour en bénéficier, présentez au chauffeur :
- Votre prescription médicale de transport (bon de transport).
- Votre carte Vitale.
- Votre attestation de droits à l’Assurance Maladie (valable moins d’un an).
Si vous avez payé votre trajet et souhaitez être remboursé a posteriori, adressez à votre CPAM la prescription médicale et la facture délivrée par le taxi conventionné.
Le transport partagé : une obligation méconnue
Un point que beaucoup de patients ignorent : si votre prescription indique un transport assis professionnalisé (taxi conventionné ou VSL) et qu’aucune contre-indication médicale n’est mentionnée, la CPAM peut vous proposer un transport partagé — c’est-à-dire un taxi qui prend en charge plusieurs patients lors du même trajet.
Le transport partagé permet des économies pour le système de santé et n’entraîne normalement pas d’inconvénient pour les patients dont l’état le permet. Si vous avez des raisons médicales de refuser le transport partagé (douleurs, contagion, état nécessitant une attention particulière), demandez à votre médecin de le préciser explicitement sur la prescription.
Comment trouver un taxi conventionné à Paris ?
Plusieurs moyens sont à votre disposition pour trouver un taxi agréé CPAM à Paris :
- Le chatbot ameli.fr : connectez-vous à votre compte Ameli et tapez « Je cherche un taxi conventionné » pour être guidé.
- Le 3646 : le numéro de l’Assurance Maladie (coût d’un appel local) permet d’obtenir la liste des taxis conventionnés de votre secteur.
- L’annuaire santé ameli.fr : recherche par code postal.
- Votre établissement de soins : les hôpitaux et cliniques disposent généralement d’une liste de transporteurs conventionnés habituels.
Pour les autres modes de transport privé à Paris — taxis classiques, VTC, moto-taxis — retrouvez tous les tarifs et informations pratiques sur notre page dédiée aux taxis parisiens et notre guide sur les VTC et chauffeurs privés. Pour les personnes à mobilité réduite nécessitant un transport adapté, consultez également notre article sur le transport de groupe adapté à Paris.
Questions fréquentes sur le taxi conventionné à Paris
Comment obtenir un bon de transport pour un taxi conventionné ?
Demandez une prescription médicale de transport (formulaire cerfa n°11574) à votre médecin traitant avant votre trajet. Ce document est indispensable — sans lui, aucun remboursement n’est possible, même si votre état de santé le justifie pleinement.
À quel taux la CPAM rembourse-t-elle un taxi conventionné ?
Le taux général est de 55 % du tarif conventionnel. La prise en charge est de 100 % pour les patients en ALD, accident du travail, invalidité à 100 %, femmes enceintes et autres cas spécifiques. Dans tous les cas, une franchise médicale de 4 € par trajet s’applique (plafond 50 €/an).
Faut-il payer à l’avance dans un taxi conventionné ?
Pas nécessairement. Avec le tiers payant, vous n’avancez aucun frais si vous êtes pris en charge à 100 % — le chauffeur conventionné facture directement la CPAM. Présentez votre bon de transport, votre carte Vitale et votre attestation de droits.
Peut-on utiliser un VTC ou Uber comme taxi conventionné ?
Non. Les VTC, Uber et autres plateformes ne sont pas conventionnés par la CPAM. Seuls les taxis ayant signé une convention avec leur CPAM locale peuvent facturer les transports médicaux à la Sécurité Sociale. Un trajet en VTC ne sera jamais remboursé par l’Assurance Maladie, quelle que soit la situation.
La prescription médicale de transport est-elle valable longtemps ?
Oui. Pour les traitements réguliers (dialyse, chimiothérapie, etc.), la prescription est valable un an à partir de sa date d’émission. Votre médecin peut donc établir une prescription annuelle couvrant l’ensemble de vos transports liés à un traitement.
Que faire si mon médecin refuse de prescrire un taxi conventionné ?
Expliquez précisément à votre médecin les difficultés concrètes qui vous empêchent d’utiliser les transports en commun. Il doit évaluer votre capacité réelle à vous déplacer et prescrire le mode de transport le moins onéreux compatible avec votre état. En cas de désaccord persistant, vous pouvez solliciter un second avis médical ou contacter votre CPAM pour un entretien avec un médecin-conseil.