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MF19 : le nouveau métro parisien, où en est son déploiement en 2026 ?

MF19 : le nouveau métro parisien avance en 2026 — état du déploiement, lignes concernées et ce qui change pour les voyageurs

📌 À retenir en 30 secondes

  • Le MF19 est en service sur la ligne 10 depuis le 16 octobre 2025 — première ligne entièrement renouvelée d’ici mi-2027 avec 30 rames.
  • Au 18 mai 2026, le parc comprend 9 rames : 6 sur la ligne 10 et 2 en essais sur la ligne 13.
  • Décembre 2026 : déploiement prévu sur les lignes 3bis (Porte des Lilas — Gambetta) et 7bis (Louis Blanc — Pré-Saint-Gervais).
  • 410 rames commandées à Alstom pour 2,9 milliards d’euros — déploiement sur 8 lignes jusqu’en 2033.
  • Principales innovations : conception en « boa » (circulation intégrale d’un bout à l’autre), climatisation, vidéoprotection embarquée, accessibilité renforcée.
  • La ligne 13, parmi les plus fréquentées de Paris, recevra ses MF19 en 2027 — première étape vers son automatisation à l’horizon 2035.

Le 16 octobre 2025 a marqué un tournant dans l’histoire du métro parisien : la première rame MF19 — le nouveau standard du métro francilien — est entrée en service sur la ligne 10. Depuis, le déploiement progresse méthodiquement. En mai 2026, 6 rames circulent sur la ligne 10 et 2 autres sont en phase d’essais sur la ligne 13. D’ici décembre 2026, les lignes 3bis et 7bis rejoindront le club. D’ici 2033, c’est la moitié du réseau historique parisien qui aura été renouvelée.

Dans ce guide, nous faisons le point sur l’état du déploiement du MF19 en 2026, les caractéristiques concrètes de ce nouveau train, le calendrier complet ligne par ligne, et ce que ça change vraiment pour les voyageurs au quotidien.

Pourquoi remplacer les anciennes rames ? L’état du parc avant le MF19

Pour comprendre l’enjeu du programme MF19, il faut mesurer l’état du parc qu’il remplace. Les 8 lignes concernées (10, 7bis, 3bis, 13, 12, 8, 3 et 7) utilisaient encore des rames issues des générations MF67, MF77 et MF88 — des trains construits entre les années 1960 et 1990, avec parfois plus de 50 ans de service.

Ces vieilles rames présentaient plusieurs problèmes structurels : absence de climatisation (insupportable les étés caniculaires), accessibilité insuffisante pour les personnes à mobilité réduite, consommation énergétique élevée, et des coûts de maintenance en hausse continue. La décision de remplacer l’intégralité de ces lignes par le MF19 a été actée par IDFM en 2019, avec la commande de 410 rames à Alstom pour 2,9 milliards d’euros.

Les caractéristiques du MF19 : ce qui change concrètement

La conception « boa » : circuler librement de bout en bout

L’innovation la plus visible du MF19 est sa conception à intercirculation intégrale dite « boa ». Concrètement : il n’y a plus de portes entre les voitures. On peut se déplacer librement d’un bout à l’autre de la rame sans obstacles. Cette ouverture totale améliore considérablement la ventilation dans la rame, facilite la régulation des flux de voyageurs aux heures de pointe, et réduit la sensation d’oppression dans les trains bondés.

La climatisation : enfin

C’est la demande numéro un des usagers depuis des années. Les MF19 sont équipés de la climatisation dans toutes les voitures — une première pour les lignes du réseau historique. Les tunnels du métro parisien s’échauffent considérablement en été (jusqu’à 35-38°C dans certains tronçons), rendant les trajets insupportables. Le MF19 met fin à ce problème sur les 8 lignes concernées.

L’accessibilité renforcée

Le MF19 est conçu dès le départ pour respecter les nouvelles normes européennes d’accessibilité :

  • Plancher bas à l’entrée pour faciliter l’embarquement.
  • Espaces réservés pour fauteuils roulants et poussettes plus nombreux et mieux positionnés.
  • Signalétique en braille et en relief aux portes et dans les voitures.
  • Annonces sonores et visuelles améliorées pour les voyageurs malvoyants ou malentendants.

La vidéoprotection embarquée

Chaque rame MF19 est équipée d’un système de vidéoprotection embarquée — des caméras couvrant l’intérieur de toutes les voitures. Ce dispositif, accessible en temps réel au poste de commandement, améliore la sécurité des voyageurs et facilite l’intervention rapide des agents en cas d’incident.

Les places assises : moins, mais mieux

Le MF19 propose 146 places assises sur la ligne 10 (et les futures lignes 3 et 12) — légèrement moins que dans les rames précédentes. Ce choix délibéré vise à maximiser l’espace debout aux heures de pointe, où la capacité totale peut monter à 828 voyageurs par rame. Les sièges sont plus confortables, mieux rembourrés et ergonomiques.

Sur les lignes très fréquentées comme la 13, la configuration dite « capacitaire » réduit les places assises à 122 pour maximiser encore davantage la place debout.

Le calendrier de déploiement : ligne par ligne jusqu’en 2033

Ligne Rame remplacée Période de déploiement Statut en mai 2026
Ligne 10 MF 67 Oct. 2025 — mi-2027 ✅ 6 rames en service
Ligne 7bis MF 88 Déc. 2026 — 2027 🔄 Déploiement prévu déc. 2026
Ligne 3bis MF 67 Déc. 2026 — 2027 🔄 Déploiement prévu déc. 2026
Ligne 13 MF 77 2027 — 2029 🔄 2 rames en essais
Ligne 12 MF 67 2028 — 2031 ⏳ Infrastructure en préparation
Ligne 8 MF 77 2029 — 2032 ⏳ Planifié
Ligne 3 MF 67 2031 — 2033 ⏳ Planifié
Ligne 7 MF 77 2032 — 2034 ⏳ Planifié

Focus 2026 : les lignes 3bis et 7bis en décembre

La prochaine étape concrète du programme MF19 en 2026 est le déploiement sur les lignes 3bis et 7bis, prévu pour décembre 2026. Ces deux « petites lignes » du réseau parisien sont parmi les plus anciennes :

  • Ligne 3bis (Porte des Lilas — Gambetta) : 4 stations, 1,3 km — une des plus courtes lignes de métro au monde. Elle remplacera ses rames MF67 datant de 1967.
  • Ligne 7bis (Louis Blanc — Pré-Saint-Gervais) : 8 stations, 3,1 km. Ses rames MF88 seront remplacées.

Ces deux lignes seront les cobayes grandeur nature du déploiement MF19 sur des lignes à faible fréquentation, permettant d’affiner les procédures avant l’arrivée sur la ligne 13 — une des plus chargées du réseau avec 175 millions de voyageurs par an.

La ligne 13 : les essais en cours en 2026

En mai 2026, deux rames MF19 en version longue (77,4 mètres, 5 voitures) sont en phase d’essais sur la ligne 13. Ces essais, invisibles pour la plupart des voyageurs car réalisés en dehors des heures de service commercial, visent à valider le comportement du nouveau matériel sur les infrastructures de cette ligne — courbes, profil de voie, systèmes de signalisation.

La ligne 13 est la première des lignes « capitales » du réseau à recevoir le MF19. Son déploiement commercial est prévu pour 2027 — une étape symbolique importante, d’autant que la ligne 13 est également la première candidate à l’automatisation à l’horizon 2035, dont le MF19 constitue la première brique technologique.

Les travaux d’infrastructure nécessaires

L’arrivée du MF19 ne se limite pas à changer les trains. Elle nécessite d’importants travaux d’adaptation des infrastructures :

  • Modification ou reconstruction des ateliers de maintenance pour accueillir les nouvelles rames plus longues et plus larges.
  • Adaptation de certaines stations pour l’accessibilité et l’alignement des quais.
  • Mise à jour des systèmes de signalisation pour intégrer les nouvelles rames dans le flux de trafic.

Pour la ligne 13, un hall supplémentaire de maintenance est en cours de création à l’atelier de Châtillon — livraison prévue d’ici septembre 2026. Pour la ligne 12, les travaux à l’atelier de Vaugirard ne démarreront qu’à partir de 2028. Ces chantiers d’infrastructure expliquent en partie la progressivité du calendrier de déploiement. Pour comprendre l’ensemble des travaux en cours sur le réseau francilien, notre guide des travaux d’été 2026 en Île-de-France donne une vue complète des chantiers en cours.

Ce que ça change pour les voyageurs des lignes concernées

Pour les usagers quotidiens de la ligne 10 qui ont déjà découvert le MF19, le verdict est unanime : c’est une amélioration nette du confort. La climatisation, la fluidité de circulation dans la rame et la luminosité améliorée changent l’expérience de voyage — surtout comparés aux vieilles rames bruyantes et étouffantes des MF67.

Pour les futurs usagers des lignes 3bis, 7bis puis 13, 12, 8, 3 et 7 — la transformation sera similaire. Et pour les voyageurs qui utilisent ces lignes pour compléter leurs trajets vers les grandes stations de correspondance, l’amélioration de la régularité grâce aux nouvelles technologies embarquées sera également sensible.

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Questions fréquentes sur le MF19

Sur quelles lignes circule le MF19 en 2026 ?

En mai 2026, le MF19 circule commercialement sur la ligne 10 (6 rames). Des essais sont en cours sur la ligne 13. Les lignes 3bis et 7bis rejoindront le programme en décembre 2026.

Quand la ligne 13 recevra-t-elle ses nouvelles rames MF19 ?

Le déploiement commercial sur la ligne 13 est prévu pour 2027. Des essais avec 2 rames MF19 sont déjà en cours en 2026.

Le MF19 a-t-il la climatisation ?

Oui — c’est l’une de ses principales innovations. Toutes les voitures sont climatisées, une première pour les lignes du réseau historique parisien qui utilisaient des rames sans climatisation depuis leur création.

Combien de rames MF19 seront au total ?

410 rames commandées à Alstom pour 2,9 milliards d’euros, destinées à équiper 8 lignes de métro (10, 7bis, 3bis, 13, 12, 8, 3 et 7). Le déploiement complet est prévu d’ici 2033-2034.

Peut-on se déplacer d’un bout à l’autre du MF19 sans porte ?

Oui — c’est la conception « boa » à intercirculation intégrale. Il n’y a aucune porte entre les voitures. On peut circuler librement de la première à la dernière voiture, ce qui améliore la ventilation et la régulation des flux.

CDG Express Gare de l'Est Roissy-CDG 20 minutes ouverture mars 2027 fin travaux 2026

CDG Express : fin des travaux mai 2026, ouverture le 28 mars 2027 — tout ce qu’il faut savoir

CDG Express : le chantier se termine en mai 2026, la ligne ouvre le 28 mars 2027 — ce que ça change pour les voyageurs

📌 À retenir en 30 secondes

  • Le dernier raccordement des voies du CDG Express a été réalisé du 23 au 25 mai 2026 — 7 ans de travaux achevés pour SNCF Réseau.
  • La mise en service commerciale est officiellement fixée au 28 mars 2027.
  • Le trajet Gare de l’Est → Aéroport CDG Terminal 2 en 20 minutes, un train toutes les 15 minutes de 5h à minuit.
  • Le tarif définitif n’est pas encore annoncé officiellement — le prix de 24 € initialement évoqué reste contesté.
  • L’opérateur commercial sera Hello Paris, filiale d’ADP, SNCF Réseau et de la Banque des Territoires.
  • Investissement total : 2,6 milliards d’euros, dont 500 millions bénéficiant directement au RER B.

Depuis le week-end du 23 au 25 mai 2026, quelque chose a changé sous les voies ferrées du nord de Paris. Près de 300 agents de SNCF Réseau, épaulés par des équipes d’Eiffage et d’Alstom, ont connecté les 4,5 derniers kilomètres de voies nouvelles entre la Gare de l’Est et la Plaine-Stade de France au poste de commandement de Saint-Denis. Sept années de travaux, 1,5 million d’heures d’études, 2,6 milliards d’euros : le CDG Express est enfin une réalité physique.

Reste maintenant l’étape des essais et des homologations avant l’ouverture commerciale confirmée pour le 28 mars 2027. Dans ce guide, nous décryptons ce que cette ligne changera concrètement pour les voyageurs vers Roissy-CDG, ce qui reste encore à trancher — notamment le tarif — et ce que 500 millions d’euros de travaux ont déjà apporté au quotidien des usagers du RER B.

Pourquoi 7 ans pour raccorder 4,5 kilomètres de voies ?

La question peut paraître naïve. Mais le chantier du CDG Express est d’une complexité qui dépasse largement la seule construction de voies ferroviaires. Il s’agissait de créer une liaison ferroviaire directe dans un espace déjà extrêmement dense — le couloir nord de Paris, l’un des tronçons ferrés les plus chargés d’Europe.

Un tracé hybride : voies existantes et sections nouvelles

Le CDG Express n’a pas été construit de zéro sur un tracé vierge. Pour des raisons économiques et de délais, les ingénieurs ont opté pour une solution hybride : utiliser une partie du réseau existant (notamment les voies du RER B entre La Plaine et CDG) tout en construisant de nouvelles sections spécifiques, notamment le tunnel passant sous les pistes de l’aéroport. Au total, le projet a impliqué le renouvellement de 43 kilomètres de voies et 33 kilomètres de caténaires sur l’ensemble du tracé.

Les obstacles qui ont retardé le projet

Le projet a accumulé les obstacles depuis son lancement officiel. Un recours administratif en 2020-2021 a stoppé les travaux pendant plusieurs mois. La crise Covid a désorganisé les chaînes d’approvisionnement et suspendu temporairement les chantiers. Des révisions budgétaires successives ont également ralenti certaines phases de construction.

À chaque annonce de date, les sceptiques ont rappelé que le CDG Express était attendu depuis… 2006 dans sa première mouture. Et effectivement, plusieurs dates de livraison sont passées sans que la ligne soit prête : 2019, 2024, puis 2025 avant que mars 2027 devienne la date officielle. Ce raccordement de mai 2026 est donc une étape symboliquement forte : pour la première fois, la ligne existe physiquement de bout en bout.

Ce que sera le CDG Express : caractéristiques techniques

La future ligne CDG Express sera fondamentalement différente du RER B — même si elle utilisera une partie de son infrastructure. C’est une navette ferroviaire dédiée, sans arrêt intermédiaire entre la Gare de l’Est et l’aéroport CDG.

Le trajet et les performances

  • Départ : Gare de l’Est à Paris (quais dédiés).
  • Arrivée : CDG Terminal 2 (gare TGV, avec accès aux terminaux par navette interne).
  • Durée : 20 minutes — contre 35-45 minutes en RER B depuis la Gare du Nord.
  • Fréquence : un train toutes les 15 minutes, de 5h à minuit.
  • Amplitude horaire : 19 heures de service quotidien.
  • Vitesse maximale : 140 km/h sur le tronçon modernisé Plaine — Aulnay.

Le matériel roulant : les rames Coradia d’Alstom

Les essais des rames Coradia d’Alstom ont débuté en avril 2026. Ces trains, spécifiquement conçus pour le CDG Express, ont été présentés lors d’essais préliminaires sur les voies existantes depuis la fin 2025. La mise sous tension de la nouvelle section entre Saint-Denis et la Gare de l’Est a eu lieu fin mai 2026, permettant de démarrer le rodage complet des huit rames commandées.

Ces rames sont configurées pour le confort des voyageurs de l’aéroport : espaces bagages larges, prises électriques et USB à chaque siège, Wi-Fi à bord, annonces bilingues français-anglais. L’expérience voyageur se veut délibérément différente du RER — plus proche d’une navette aéroportuaire premium.

Le tarif : le grand point d’interrogation

C’est le sujet qui cristallise le plus les tensions autour du CDG Express. Le tarif définitif n’a toujours pas été officiellement annoncé par l’opérateur Hello Paris. Le chiffre de 24 € a été évoqué à plusieurs reprises dans les documents de présentation du projet — mais il n’a jamais été gravé dans le marbre.

Pourquoi 24 € fait grincer des dents

Ce tarif place le CDG Express dans une catégorie bien au-dessus du RER B (14 € avec le Ticket Paris Région ↔ Aéroports). Ses défenseurs répondent que 24 € reste compétitif par rapport à un taxi (56-65 € selon la rive) ou à un VTC, et que le gain de temps — 20 minutes contre 45 minutes en RER B — justifie ce premium.

Ses détracteurs, eux, y voient un «transport pour les riches» : une ligne financée en grande partie par la dette publique (2,2 milliards d’euros d’emprunt d’État), non incluse dans le Navigo, inaccessible aux Franciliens qui empruntent quotidiennement le RER B. Pour eux, cet argent aurait mieux servi à rénover le RER B lui-même plutôt qu’à créer une navette premium parallèle.

Un tarif non inclus dans le Navigo

La confirmation officielle sur ce point est sans ambiguïté : le CDG Express ne sera pas inclus dans le passe Navigo mensuel ou annuel. Chaque trajet devra être payé séparément, comme un billet de train ordinaire. Pour les Franciliens qui ont l’habitude de rejoindre CDG gratuitement avec leur Navigo toutes zones via le RER B, c’est une régression tarifaire directe.

Ce que le CDG Express a déjà apporté au RER B

C’est l’argument le plus solide des défenseurs du projet, et il est souvent éclipsé par les polémiques tarifaires. 500 millions d’euros des travaux du CDG Express ont directement bénéficié au RER B et aux infrastructures ferroviaires existantes du nord francilien.

Concrètement :

  • 43 km de voies et 33 km de caténaires renouvelés sur le corridor Gare de l’Est — CDG — Aulnay.
  • Création de 3 nouvelles installations de retournement (Le Bourget en 2022, La Plaine en 2023, Aulnay en 2026) qui permettent en cas d’incident de retirer un train du service sans paralyser toute la ligne.
  • Rectification des courbes et relèvement de la vitesse de 120 à 140 km/h entre La Plaine et Aulnay.
  • Modernisation de la signalisation et des aiguillages sur tout le corridor nord.

Ces améliorations profitent dès maintenant — et profiteront encore plus après mars 2027 — aux millions d’usagers quotidiens du RER B, que ce soit pour aller travailler ou prendre un avion. C’est le bénéfice concret le plus immédiat pour les Franciliens ordinaires, même ceux qui ne prendront jamais le CDG Express.

CDG Express vs RER B vs taxi : quel transport choisir vers CDG dès mars 2027 ?

L’ouverture du CDG Express en mars 2027 ajoutera une troisième option sérieuse pour rejoindre Roissy-CDG depuis Paris. Voici comment elle se positionnera face aux alternatives existantes.

Option Départ Durée Tarif 2027 (estimé) Inclus Navigo Idéal pour
CDG Express Gare de l’Est 20 min ~24 € Non Voyageurs d’affaires, gain de temps
RER B Gare du Nord / Châtelet 35-45 min 14 € (ticket aéroport) Oui (Navigo toutes zones) Voyageurs avec Navigo, budgets serrés
Bus 9517 Saint-Denis Pleyel Variable 2,05 € (ticket bus) Oui Budget ultra-serré, pas de contrainte horaire
Taxi (forfait) Domicile 30-60 min 56-65 € Non Familles, bagages, vols matinaux
Moto-taxi Domicile 20-35 min 90-110 € Non Urgence, heure de pointe, voyageur seul

La conclusion de ce comparatif est claire : le CDG Express va s’imposer comme la référence pour les voyageurs d’affaires et les touristes pressés débarquant à la Gare de l’Est. Mais pour les Franciliens munis d’un Navigo toutes zones, le RER B restera gratuit — et donc l’option de référence pour une grande partie des usagers. Pour tout savoir sur les options actuelles de transport vers CDG, consultez notre comparatif détaillé taxi ou RER B pour rejoindre Roissy-CDG et notre guide sur les points de rencontre taxis, VTC et moto-taxis à Roissy et Orly.

Le calendrier des étapes clés jusqu’à l’ouverture

Du raccordement de mai 2026 à l’ouverture commerciale de mars 2027, plusieurs étapes jalonnent les mois à venir.

  • Mai 2026 : raccordement final des voies au poste de commandement de Saint-Denis — «acte de naissance physique» de la ligne selon Thomas Allary, directeur des grands projets SNCF Réseau.
  • Juin-décembre 2026 : essais techniques complets des rames Coradia sur l’intégralité du tracé. Tests de freinage, de signalisation, d’interopérabilité entre les nouvelles voies et le réseau existant.
  • Janvier-février 2027 : marche à blanc — des trains circulent selon les horaires commerciaux sans passagers, pour valider la ponctualité et les procédures.
  • 28 mars 2027 : ouverture commerciale officielle, correspondant au changement de service horaire de printemps sur l’ensemble du réseau ferré français.

Ce que le CDG Express révèle sur la politique de transport aéroportuaire en France

Le CDG Express est révélateur d’une tension profonde dans la politique française de transport : comment desservir un aéroport international de premier rang sans abandonner les usagers quotidiens du réseau banlieue ?

Londres a son Elizabeth Line (Crossrail) qui dessert Heathrow en 40 minutes depuis Paddington, incluse dans l’Oyster Card. Tokyo a son Narita Express. Amsterdam son Intercity Direct. Berlin son Airport Express. À chaque fois, ces liaisons sont soit intégrées aux abonnements locaux, soit proposées à des tarifs modérés. Paris fait le choix d’une navette premium non incluse dans le Navigo — un choix assumé par ses promoteurs, mais critiqué par les associations d’usagers.

La question du tarif définitif — que Hello Paris doit annoncer dans les prochains mois — sera déterminante pour l’image que laissera ce projet de 2,6 milliards. Si le prix s’établit au-dessus de 24 €, la polémique «transport pour les riches» reprendra de plus belle. S’il est fixé à 20 € ou moins, l’équation économique de la ligne deviendra plus difficile à défendre face aux marchés financiers qui ont prêté les fonds.

Dans ce contexte, le CDG Express rejoint la constellation des nouveaux opérateurs ferroviaires qui transforment le paysage du transport en France. Pour comprendre les autres révolutions en cours, consultez nos articles sur Velvet et le TGV privé sur la façade atlantique, sur Kevin Speed et son Ilisto low-cost sans réservation, et sur Uber Trains et la concurrence à Eurostar sous la Manche.


Questions fréquentes sur le CDG Express

Quand le CDG Express ouvre-t-il ?

La mise en service commerciale est officiellement fixée au 28 mars 2027, date du changement de service horaire de printemps sur le réseau ferroviaire français.

Depuis quelle gare part le CDG Express ?

Le CDG Express part de la Gare de l’Est à Paris, depuis des quais dédiés. Il n’a pas d’arrêt intermédiaire et arrive directement au Terminal 2 de Roissy-CDG en 20 minutes.

Combien coûtera un billet CDG Express ?

Le tarif définitif n’a pas encore été annoncé officiellement par l’opérateur Hello Paris. Le chiffre de 24 € a été évoqué lors de présentations du projet, mais n’est pas confirmé. Il sera annoncé dans les prochains mois.

Le CDG Express sera-t-il inclus dans le passe Navigo ?

Non. Le CDG Express ne sera pas inclus dans le passe Navigo mensuel ou annuel. Chaque trajet devra être acheté séparément, comme un billet de train.

Quelle est la différence entre le CDG Express et le RER B ?

Le CDG Express est une navette directe (sans arrêt intermédiaire) entre la Gare de l’Est et CDG en 20 minutes, payante séparément. Le RER B relie la Gare du Nord à CDG en 35-45 minutes, avec de nombreux arrêts, mais est inclus dans le Navigo toutes zones et coûte 14 € avec le ticket aéroport.

Pourquoi le CDG Express a-t-il mis 7 ans à se construire ?

Le chantier a cumulé plusieurs obstacles : recours administratifs en 2020-2021, impact de la crise Covid, complexité de la densité ferroviaire du corridor nord parisien, et travaux de modernisation des infrastructures existantes menés en parallèle. Le raccordement final a été réalisé le week-end du 23-25 mai 2026.

Velvet première rame Avelia Horizon train grande vitesse privé concurrent SNCF 2028

Velvet : premier train grande vitesse privé concurrent de la SNCF dès 2028

Velvet dévoile sa première rame : le TGV privé qui veut concurrencer la SNCF sur Paris-Bordeaux et la façade atlantique dès 2028

📌 À retenir en 30 secondes

  • Le 22 avril 2026, Velvet présente sa première rame Avelia Horizon sortie des usines Alstom à La Rochelle — en livrée vert foncé et logo lilas.
  • Velvet prévoit de lancer 3 lignes simultanément en 2028 : Paris-Bordeaux, Paris-Nantes/Angers et Paris-Rennes.
  • 12 rames commandées à Alstom pour 850 millions d’euros, identiques aux futures rames TGV M de la SNCF.
  • La société a levé 1 milliard d’euros auprès du fonds Antin Infrastructure Partners.
  • Objectif : 10 millions de places supplémentaires par an sur des axes atlantiques saturés où 15 % des voyageurs ne trouvent pas de place.
  • Cofondée par Rachel Picard, ex-directrice des voyageurs de la SNCF, et Timothy Jackson, ancien dirigeant RATP en Grande-Bretagne.

Ce 22 avril 2026, dans les usines Alstom de La Rochelle, un moment historique pour le ferroviaire français : Velvet dévoile la première rame grande vitesse sortie de chaîne, revêtue de sa livrée vert foncé et de son logo couleur lilas. C’est la première des 12 rames commandées par cette société entièrement privée, qui ambitionne de concurrencer la SNCF sur les axes les plus fréquentés de la façade atlantique dès 2028.

Dans ce guide, nous décryptons ce que représente concrètement ce projet pour les voyageurs : qui est Velvet, quelles lignes va-t-elle desservir, avec quels trains, à quel prix, et quels obstacles restent à franchir avant le premier départ commercial. Mais aussi ce que cette émergence révèle sur la profonde transformation du paysage ferroviaire français, longtemps dominé par un seul acteur.

À la clé : tout ce qu’il faut savoir pour anticiper l’arrivée de ce nouveau concurrent, et comprendre ce que ça change pour les millions de voyageurs qui prennent le train entre Paris et l’Ouest.

Qui est Velvet, la start-up ferroviaire qui veut bousculer la SNCF sur la grande vitesse ?

Velvet n’est pas née de nulle part. Derrière ce nom — et son ancien nom de code « Projet Proxima » — se cachent deux profils qui connaissent le ferroviaire de l’intérieur.

Rachel Picard et Timothy Jackson : des insiders du secteur

Rachel Picard a été directrice de la branche voyageurs de la SNCF jusqu’en 2020. Elle connaît donc parfaitement les forces et les angles morts de l’opérateur historique. Timothy Jackson, lui, a dirigé les activités de la RATP en Grande-Bretagne et fondé une société de leasing de matériels ferroviaires. Ensemble, ils se sont rencontrés il y a trois ans et ont conçu un projet qui répond à une réalité chiffrée : 15 % des voyageurs potentiels ne trouvent pas de place sur les axes atlantiques, et cette proportion pourrait atteindre 25 % d’ici 2030 si rien n’est fait.

L’idée de Velvet n’est pas de faire la guerre à la SNCF, mais d’être complémentaire : ajouter de la capacité là où la demande excède l’offre, sur des axes saturés que le seul opérateur historique ne peut pas développer assez rapidement.

Un financement d’1 milliard d’euros bouclé dès 2024

En juin 2024, Velvet (alors encore appelée Proxima) annonce une levée de fonds d’1 milliard d’euros auprès du fonds d’investissement Antin Infrastructure Partners. Sur ce montant, 850 millions d’euros sont consacrés au contrat avec Alstom signé en octobre 2024 pour la commande ferme de 12 rames Avelia Horizon. Le reste finance les opérations courantes et la construction d’un atelier de maintenance à Marcheprime, près de Bordeaux, dont la maintenance sera assurée par Alstom pendant 15 ans.

Ce choix d’externaliser la maintenance — contrairement à la SNCF qui assure elle-même celle de son parc — est une différence structurelle majeure, qui simplifie le modèle opérationnel de Velvet et lui permet de se concentrer sur le service voyageurs.

L’Avelia Horizon de Velvet : les mêmes trains que le futur TGV M de la SNCF, mais aux couleurs vert et lilas

Le choix du matériel roulant est un signal fort. Les 12 rames commandées par Velvet sont des Avelia Horizon d’Alstom — exactement le même modèle que les futures rames TGV M commandées par la SNCF. Ce sont des trains à deux niveaux, modulables, de dernière génération.

Les caractéristiques techniques de l’Avelia Horizon

L’Avelia Horizon est une rupture par rapport aux générations précédentes de TGV :

  • Deux niveaux sur l’ensemble de la rame, permettant d’accueillir jusqu’à 740 voyageurs dans la configuration maximale.
  • Modularité des voitures : une voiture peut être convertie de première en seconde classe en une nuit en atelier, augmentant la capacité de 20 % selon la demande.
  • Fenêtres élargies et habitacle plus lumineux — une amélioration notable par rapport aux TGV actuels.
  • Batteries embarquées permettant au train de circuler en autonomie énergétique sur certains tronçons et de maintenir tous les services en cas de coupure caténaire.
  • Vitesse maximale de 300 km/h, identique aux TGV actuels sur les LGV françaises.

La livrée Velvet : vert foncé et lilas

L’identité visuelle dévoilée ce 22 avril est soignée : vert sapin pour la carrosserie, lilas pour le logo. Un choix délibérément différent du gris-bleu Ouigo ou du blanc TGV inOui, pour affirmer une identité propre sur les quais. La motrice est fabriquée à Belfort, les voitures voyageurs à La Rochelle. Les premiers essais débuteront à La Rochelle dans les prochains mois, suivis d’essais sur rail à partir de 2027.

Paris-Bordeaux, Paris-Nantes et Paris-Rennes : les lignes Velvet prévues pour 2028

Velvet a clairement identifié son terrain de jeu : la façade atlantique, un axe structurellement sous-capacitaire depuis l’ouverture de la LGV Tours-Bordeaux en 2017, qui a créé une forte demande supplémentaire que la SNCF n’arrive pas à satisfaire pleinement.

Trois lignes lancées simultanément — une première pour un nouvel entrant

La décision de lancer trois lignes d’un coup est ambitieuse — Rachel Picard le souligne elle-même : « Nous commencerons avec trois lignes d’un coup, Paris-Bordeaux, Paris-Angers-Nantes, et Paris-Rennes, ce qu’aucun nouvel opérateur ne fait. » Les destinations visées et leurs durées de trajet actuelles avec la SNCF :

Ligne Durée actuelle SNCF Lancement Velvet prévu Saturation actuelle estimée
Paris — Bordeaux 2h05 2028 ~15 % de voyageurs sans place
Paris — Nantes / Angers 2h00 / 1h25 2028 ~15 % de voyageurs sans place
Paris — Rennes 1h25 2028 ~15 % de voyageurs sans place

L’objectif affiché : proposer 10 millions de places supplémentaires par an sur ces trois axes. C’est une augmentation significative de l’offre sur des lignes qui connaissent régulièrement des ruptures de disponibilité, notamment aux périodes de pointe, de vacances scolaires et lors des grands week-ends.

Le calendrier des étapes clés

  • 22 avril 2026 : présentation de la première rame sortie d’usine à La Rochelle.
  • 2026-2027 : essais techniques en atelier à La Rochelle.
  • 2027 : essais sur rail en conditions réelles.
  • 2028 : premières circulations commerciales prévues sur les trois lignes.

Ce que l’arrivée de Velvet change concrètement pour les voyageurs Paris-Bordeaux et façade atlantique

Pour les millions de voyageurs qui empruntent régulièrement ces axes, l’arrivée de Velvet pourrait représenter un changement significatif — à condition que le projet tienne ses engagements.

Plus de places disponibles sur des axes saturés

L’argument numéro un est simple : aujourd’hui, trouver une place en TGV pour Paris-Bordeaux un vendredi soir ou un dimanche en période de vacances est souvent mission impossible. L’ajout de 10 millions de places supplémentaires par an sur ces axes réduirait mécaniquement ce problème, même si Velvet ne précise pas encore la fréquence exacte de ses trains.

Une pression sur les prix de la SNCF ?

C’est l’effet concurrentiel classique attendu. Sur les axes où Trenitalia (Frecciarossa) a lancé ses trains en France — Paris-Lyon-Marseille — des études ont montré une légère pression sur les tarifs SNCF, même si l’effet reste modeste. Sur la façade atlantique, l’arrivée de Velvet devrait au minimum inciter la SNCF à maintenir des tarifs Ouigo attractifs pour ne pas perdre de parts de marché.

Une expérience voyageur repensée

Velvet ne veut pas simplement « faire comme la SNCF en moins cher ». L’entreprise a investi dans une démarche de conception centrée sur l’utilisateur, en interrogeant directement les voyageurs à chaque étape. La promesse tient en trois mots : plaisir, simplicité et nouveauté. Le design intérieur s’inspire de l’hôtellerie pour l’hospitalité et de l’aviation pour l’ergonomie des sièges — des références inhabituelles dans le monde ferroviaire français.

Les obstacles que Velvet doit encore franchir avant son premier départ commercial en 2028

L’enthousiasme de la présentation du 22 avril ne doit pas masquer les défis réels qui restent à surmonter. Le ferroviaire est un secteur où les délais et les imprévus sont monnaie courante.

Les homologations et certifications : un processus long

Avant de transporter des voyageurs, chaque rame doit obtenir son certificat d’aptitude à circuler délivré par l’EPSF (Établissement Public de Sécurité Ferroviaire). Ce processus inclut des milliers d’heures d’essais, des tests de freinages, de comportement en courbe, de systèmes de sécurité et d’interopérabilité. Pour un train entièrement nouveau comme l’Avelia Horizon, ce processus prend généralement entre 18 mois et 3 ans. Les essais sur rail prévus en 2027 constituent une étape indispensable.

L’accès aux sillons sur le réseau SNCF Réseau

Pour circuler, Velvet doit obtenir des sillons ferroviaires — des créneaux horaires sur les lignes à grande vitesse gérées par SNCF Réseau. Ces sillons sont attribués par l’Autorité de Régulation des Transports (ART) selon des règles d’équité entre opérateurs. Sur des axes saturés comme Paris-Bordeaux, la disponibilité de sillons est elle-même contrainte. C’est un point de négociation délicat.

L’atelier de maintenance de Marcheprime

L’atelier de maintenance en construction près de Bordeaux doit être opérationnel avant les premières circulations commerciales. Sa mise en service dans les délais est une condition sine qua non du lancement en 2028. Tout retard de construction reporte directement la date d’entrée en service.

Velvet et la révolution silencieuse de l’ouverture à la concurrence ferroviaire en France

La présentation de la première rame Velvet s’inscrit dans un contexte plus large : la France est en train de vivre une transformation profonde et irréversible de son paysage ferroviaire. Pendant 40 ans, la SNCF a régné sans partage sur la grande vitesse nationale. Cette époque est terminée.

Trenitalia opère déjà des Frecciarossa entre Paris et Lyon depuis 2022. Kevin Speed prépare un service TGV low-cost concurrent de Ouigo pour 2028. Et ce même 22 avril, la première ligne TER régionale concurrentielle entre Marseille, Toulon et Nice vient d’entrer en service — un événement salué par Philippe Tabarot, ministre des Transports, comme « une illustration concrète de l’ouverture à la concurrence ».

Ce mouvement n’est pas uniquement français. En Espagne, Ouigo, Iryo et Renfe se livrent une bataille tarifaire sur les lignes à grande vitesse qui a fait baisser les prix de 30 à 40 %. Au Royaume-Uni, la concurrence ferroviaire existe depuis les années 1990. L’Italie a vu Italo challenger Trenitalia avec succès. La France arrive en retard, mais elle accélère.

Pour les voyageurs, cette concurrence est une bonne nouvelle à moyen terme : plus de places, plus de flexibilité, et une pression structurelle sur les prix. Pour la SNCF, c’est un défi qui l’oblige à continuer à innover — ce qu’elle fait avec le TGV M, dont les premières circulations commerciales sont prévues pour juillet 2026. Une coïncidence de calendrier qui n’en est pas une.

En résumé : Velvet, un projet sérieux qui change la donne pour le train longue distance en France

La présentation de la première rame Velvet ce 22 avril 2026 marque un tournant symbolique et concret dans l’histoire ferroviaire française. Le projet est désormais sorti des annonces pour entrer dans la réalité industrielle : les trains existent, le financement est bouclé, les lignes sont définies.

Si le calendrier tient — et les obstacles à surmonter sont réels mais pas insurmontables — les voyageurs entre Paris et la façade atlantique auront en 2028 une alternative sérieuse à la SNCF pour leurs déplacements grande vitesse. C’est une transformation qui était attendue depuis longtemps sur ces axes saturés.

Pour tout savoir sur les autres évolutions du transport ferroviaire et multimodal, consultez notre article sur Uber Trains et la concurrence à Eurostar sur la liaison transmanche, ou notre guide sur le covoiturage longue distance depuis Paris pour les alternatives au train. Et pour vos transferts vers les gares parisiennes, retrouvez tous les services de VTC et chauffeurs privés.


Questions fréquentes sur Velvet et le TGV privé en France

Quand Velvet commencera-t-il à transporter des voyageurs ?

Velvet prévoit ses premières circulations commerciales pour 2028, après des essais techniques en atelier en 2026-2027 puis des essais sur rail en 2027. Ce calendrier est conditionné à l’obtention des certifications ferroviaires nécessaires.

Quelles lignes Velvet va-t-il desservir ?

Trois lignes simultanées au lancement : Paris-Bordeaux, Paris-Nantes/Angers et Paris-Rennes. L’objectif est de proposer 10 millions de places supplémentaires par an sur ces axes de la façade atlantique.

Les trains Velvet seront-ils moins chers que la SNCF ?

Aucun tarif n’a encore été annoncé. Velvet s’est positionné comme complémentaire et non directement low-cost. La concurrence devrait cependant exercer une pression sur les prix de la SNCF sur ces axes, comme observé en Espagne avec Ouigo et Iryo.

Quel est le train utilisé par Velvet ?

L’Avelia Horizon d’Alstom, le même modèle que le futur TGV M commandé par la SNCF. C’est un train à deux niveaux, modulable, pouvant accueillir jusqu’à 740 voyageurs, avec une vitesse maximale de 300 km/h.

Qui a fondé Velvet ?

Rachel Picard, ex-directrice de la branche voyageurs de la SNCF, et Timothy Jackson, ancien dirigeant des activités de la RATP en Grande-Bretagne. L’entreprise a levé 1 milliard d’euros en 2024 auprès du fonds Antin Infrastructure Partners.

Y a-t-il d’autres concurrents de la SNCF prévus en France ?

Oui. Trenitalia (Frecciarossa) opère déjà sur Paris-Lyon-Marseille depuis 2022. Kevin Speed prépare un service TGV low-cost concurrent d’Ouigo pour 2028, sur les mêmes axes que Velvet. Et sur les lignes transmanche, Uber Trains (via Gemini) vise 2029 pour concurrencer Eurostar.


Uber train

Uber Trains Paris-Londres : la fin du monopole Eurostar sous la Manche ?

Uber Trains veut concurrencer Eurostar entre Paris et Londres : ce que ça change vraiment pour les voyageurs

📌 À retenir en 30 secondes

  • Uber s’est associé à la start-up britannique Gemini Trains pour lancer une liaison ferroviaire Paris — Londres — Bruxelles d’ici 2029.
  • Les trains seront des Velaro Novo de Siemens Mobility, financés par Rock Rail. Le partenariat industriel est officialisé depuis octobre 2025.
  • Les départs se feront depuis Stratford International (est de Londres) et Ebbsfleet (Kent), pas depuis Saint Pancras.
  • Les billets seront réservables directement dans l’application Uber, comme un VTC ou un vélo.
  • Eurostar reste l’unique opérateur transmanche aujourd’hui, avec 15 à 17 trains par jour depuis Paris Gare du Nord, à partir de 44 €.
  • Le projet reste soumis à des autorisations réglementaires et défis logistiques importants avant toute mise en service.

Depuis 30 ans, Eurostar règne en maître absolu sur les liaisons ferroviaires entre Paris et Londres via le tunnel sous la Manche. Un quasi-monopole confortable, mais de plus en plus critiqué : tarifs prohibitifs aux heures de pointe, retards récurrents, gare de Saint Pancras saturée. Des millions de voyageurs rêvaient d’une alternative crédible. Cette alternative commence à prendre forme.

En 2025, Uber — le géant américain du transport — a annoncé un partenariat stratégique avec la start-up ferroviaire britannique Gemini Trains pour lancer Uber Trains, une nouvelle liaison grande vitesse sous la Manche à l’horizon 2029. Depuis, le projet a franchi une étape décisive : Siemens Mobility a été sélectionné pour fabriquer les trains, et Rock Rail pour financer la flotte.

Dans cet article, nous décryptons ce que ce projet signifie concrètement pour les voyageurs qui font régulièrement Paris — Londres, ce qu’il faut en attendre, et ce qui pourrait le faire déraper. Car entre l’annonce et le premier départ de Stratford, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Pourquoi Eurostar est-il autant critiqué malgré son succès commercial ?

Pour comprendre l’émergence d’Uber Trains, il faut d’abord comprendre pourquoi Eurostar cristallise autant de frustrations chez les voyageurs — malgré une offre qui reste techniquement compétitive face à l’avion.

Des tarifs qui flambent dès que la demande augmente

Eurostar affiche des billets à partir de 44 € l’aller simple en réservant plusieurs mois à l’avance en classe Standard. C’est son argument commercial principal. Mais en pratique, la réalité est souvent bien différente : pour un aller-retour réservé à deux ou trois semaines, les prix dépassent fréquemment 200 à 230 €, et peuvent s’envoler bien au-delà lors des week-ends prolongés ou des vacances scolaires.

La compagnie propose trois classes — Standard, Eurostar Plus et Eurostar Premier — mais c’est surtout en Standard que la tension entre l’offre promotionnelle et le tarif réel se fait sentir le plus. Le voyageur d’affaires ou le touriste qui réserve à moins de quinze jours du départ est souvent contraint de payer des tarifs bien au-dessus de ceux mis en avant.

Une ponctualité insuffisante et une gare en limite de capacité

En septembre 2025, de nouvelles perturbations majeures ont encore affecté le réseau Eurostar, liées à des mouvements sociaux et des incidents techniques. Ce n’est pas isolé : la compagnie est régulièrement pointée du doigt pour une ponctualité en deçà des standards attendus pour un service premium à 200 €+.

L’autre problème structurel est la gare de Saint Pancras International à Londres, désormais en limite de capacité. Les files d’attente aux contrôles aux frontières sont devenues un sujet de plainte récurrent. Depuis le Brexit, les voyageurs français doivent en outre se soumettre à des contrôles passeport plus longs, et depuis avril 2025, fournir une Autorisation Électronique de Voyage (ETA) avant chaque départ.

Un monopole qui dure depuis 30 ans sur le transmanche

Depuis l’inauguration du tunnel sous la Manche en 1994, Eurostar opère dans une situation de monopole de fait sur les liaisons passagers entre le Royaume-Uni et le continent européen. Aucun concurrent n’a jamais réussi à se lancer sur cette route — plusieurs ont essayé, tous ont échoué ou abandonné avant même d’avoir circulé.

C’est ce contexte qui rend l’annonce d’Uber Trains si remarquable : pour la première fois, un projet concurrent a franchi plusieurs étapes concrètes. Assez pour être pris au sérieux, pas encore assez pour être considéré comme acquis.

Uber Trains by Gemini : ce que le projet prévoit concrètement

Derrière l’étiquette « Uber Trains » se cache en réalité un montage à plusieurs acteurs, qu’il est important de distinguer pour comprendre la solidité du projet.

Gemini Trains : l’opérateur ferroviaire derrière la marque

Gemini Trains est une start-up ferroviaire britannique fondée par des professionnels du secteur, présidée par Lord Tony Berkeley — ingénieur spécialiste du ferroviaire ayant participé à la construction du tunnel sous la Manche. C’est Gemini qui porte le projet opérationnel : acquisition des trains, obtention des autorisations, gestion des horaires et de la maintenance.

Uber, de son côté, n’est pas opérateur ferroviaire. Son rôle est celui d’un partenaire de co-branding et de distribution : les trains porteront sa marque, et les billets seront disponibles directement dans l’application Uber. Ce modèle fait suite à d’autres partenariats similaires du groupe, notamment avec l’Uber Boat (Thames Clippers à Londres) ou avec des opérateurs ferroviaires en Espagne et au Royaume-Uni.

Siemens Mobility et Rock Rail : les partenaires industriels officialisés en octobre 2025

En octobre 2025, Gemini Trains a franchi une étape décisive en annonçant officiellement ses partenaires industriels. Siemens Mobility a été sélectionné pour concevoir et fabriquer la flotte — des trains de la gamme Velaro Novo, la dernière génération de la plateforme Velaro déjà déployée à travers l’Europe. Ces trains circulent à des vitesses pouvant dépasser 300 km/h et sont reconnus pour leur fiabilité et leur efficacité énergétique.

La fabrication et l’assemblage seront réalisés dans les usines britanniques de Siemens, notamment à Goole (Yorkshire), ce qui représente un argument industriel fort pour l’ancrage local du projet.

Rock Rail, spécialiste du financement de matériel roulant ferroviaire, assurera le montage financier de la flotte. La société a déjà levé près de 6 milliards de livres pour des projets ferroviaires au Royaume-Uni et en Europe — une référence sérieuse dans le secteur.

Le plan opérationnel : Stratford, Ebbsfleet, Paris Gare du Nord et Bruxelles

Le plan de Gemini Trains repose sur un choix stratégique fort : ne pas utiliser la gare de Saint Pancras, saturée et sujette à des travaux importants, mais partir de Stratford International, dans l’est de Londres. Cette gare, bien connectée grâce à la ligne Elizabeth, au métro et au DLR, permet d’ouvrir l’accès au transmanche à une clientèle plus large et d’éviter l’engorgement du centre londonien.

Un deuxième point de départ est prévu depuis Ebbsfleet International dans le Kent, une gare dispose de vastes parkings et est accessible par plusieurs lignes de trains régionaux. Selon Adrian Quine, CEO de Gemini, cette double implantation permettrait d’ouvrir les services transmanche à 18 millions de personnes supplémentaires.

Les destinations prévues depuis Londres sont :

  • Paris Gare du Nord
  • Bruxelles Midi
  • Lille Europe (arrêt intermédiaire)
  • Cologne (extension envisagée à terme)

Le projet prévoit l’acquisition de 10 nouvelles rames et l’exploitation de 10 liaisons quotidiennes au total entre Londres et ses destinations européennes, dès le lancement en 2029.

Réserver son train Paris-Londres dans l’appli Uber : ce que ça change vraiment

Au-delà de la rivalité avec Eurostar, ce projet introduit une rupture dans la façon dont on imagine le voyage intermodal. L’intégration des billets de train directement dans l’application Uber n’est pas un gadget — c’est le cœur de la stratégie commerciale du groupe.

La logique de la « super-app » de mobilité

Uber développe depuis plusieurs années une stratégie de super-app multimodale : une seule interface pour réserver un VTC depuis chez soi, prendre un vélo en libre-service, monter dans un bateau-bus sur la Tamise, ou acheter un billet de train régional. L’idée est simple : centraliser toute la mobilité d’un voyageur en un seul clic, en éliminant les frictions entre les modes de transport.

Uber propose déjà en Grande-Bretagne la réservation de billets de trains nationaux via son application, en partenariat avec plusieurs opérateurs ferroviaires. L’extension au transmanche avec Gemini s’inscrit dans cette logique : demain, un voyageur parisien pourra commander son VTC jusqu’à la Gare du Nord, acheter son billet Paris — Londres, et réserver son transport depuis Saint Pancras vers son hôtel londonien — le tout dans la même application, sans jamais changer de plateforme.

Un avantage concret face à Eurostar et aux comparateurs de billets

Aujourd’hui, pour acheter un billet Eurostar, un voyageur doit soit passer par le site d’Eurostar, soit par un comparateur (Trainline, SNCF Connect, Omio…). Avec Uber Trains, les billets seront disponibles directement dans une application que des millions de personnes utilisent déjà au quotidien.

C’est un levier d’acquisition client considérable, surtout auprès des voyageurs d’affaires et des jeunes actifs urbains, déjà très utilisateurs de l’écosystème Uber. La promesse : réserver un trajet Paris — Londres aussi simplement qu’on commande un VTC.

Uber Trains n’est pas seul : le panorama des futurs concurrents d’Eurostar en 2026

Gemini Trains et Uber ne sont pas les seuls à avoir flairé l’opportunité. Le marché transmanche attire plusieurs acteurs, avec des calendriers et des niveaux d’avancement très différents.

Opérateur Partenaires Destinations prévues Lancement visé Statut en 2026
Eurostar SNCF, Thalys (fusionné en 2023) Paris, Bruxelles, Amsterdam, Cologne En service depuis 1994 Opérationnel — 15 à 17 trains/jour Paris-Londres
Uber Trains (Gemini) Siemens Mobility, Rock Rail, Uber Paris, Bruxelles, Lille, Cologne 2029 Partenaires industriels officialisés — autorisations en cours
Evolyn Trenitalia Paris, Bruxelles 2026 (annoncé) Très incertain — aucun train commandé confirmé à ce stade
Virgin Trains Virgin Group Paris, Bruxelles 2030 Projet annoncé — stade préliminaire

Sur ce panorama, Gemini / Uber Trains apparaît comme le projet le plus avancé sur le plan industriel, grâce à la sélection de Siemens et de Rock Rail. Evolyn, malgré un lancement annoncé pour 2026, n’a à ce stade pas confirmé la commande de son matériel roulant.

Les obstacles réels qui pourraient retarder ou compromettre Uber Trains

Annoncer un projet ferroviaire et le lancer sont deux choses très différentes dans le secteur du rail. Plusieurs verrous restent à lever avant que le premier Velaro Novo Gemini ne s’élance sous la Manche.

L’accès au dépôt de maintenance Temple Mills : un point clé non encore résolu

Pour maintenir ses trains, Gemini a besoin d’accéder au centre de maintenance Temple Mills, actuellement exploité par Eurostar. Une demande a été déposée auprès du régulateur ferroviaire britannique Office of Rail and Road (ORR), mais la décision n’a pas encore été rendue publique. Sans accès à ce dépôt — ou à une installation alternative —, le projet ne peut pas fonctionner.

Gemini plaide également pour la création d’un second dépôt dédié aux trains internationaux, ce qui permettrait de mieux exploiter la capacité du tunnel sur le long terme. C’est un investissement supplémentaire qui complexifie le calendrier.

Les délais de fabrication des trains : un risque structurel

Même avec Siemens Mobility comme partenaire, la fabrication d’une flotte de trains grande vitesse prend du temps. Les délais habituels entre la commande ferme et la livraison sont de deux à cinq ans. Pour tenir un lancement en 2029, Gemini devra passer commande ferme rapidement — et les carnets de commandes des constructeurs ferroviaires sont déjà chargés.

Alstom, autre fabricant potentiel initialement évoqué, est en capacité limitée avec la production des TGV Avelia Horizon pour la SNCF, Virgin et d’autres opérateurs. Le choix de Siemens permet d’éviter ce goulet d’étranglement, mais ne supprime pas la contrainte calendaire.

Le financement global reste à boucler

Rock Rail s’est positionné comme partenaire financier, mais le bouclage complet du financement d’une flotte de 10 rames grande vitesse, des dépôts et des autorisations représente un investissement considérable. Les montants exacts n’ont pas été rendus publics. C’est souvent à cette étape que les projets ferroviaires ambitieux achoppent.

Les autorisations réglementaires côté français et belge

Circuler dans le tunnel sous la Manche et s’arrêter à Paris Gare du Nord nécessite des homologations techniques et des autorisations réglementaires de la part des régulateurs ferroviaires français (ARAF) et belges, en plus des autorités britanniques. Ces processus sont longs et peuvent prendre plusieurs années.

Ce que l’arrivée d’Uber Trains changerait concrètement pour les voyageurs Paris-Londres

Si le projet aboutit dans les délais annoncés, les conséquences pour les voyageurs seraient significatives — même si elles restent aujourd’hui difficiles à quantifier précisément.

Une pression sur les prix d’Eurostar

L’arrivée d’un concurrent crédible sur le transmanche exercerait mécaniquement une pression à la baisse sur les tarifs Eurostar. C’est ce qu’a démontré l’histoire du transport aérien : l’arrivée des low-cost a forcé les compagnies traditionnelles à revoir leur politique tarifaire sur les routes concurrencées.

Gemini promet des billets « compétitifs » sans en préciser les tarifs. L’objectif affiché est de démocratiser l’accès au transmanche, trop souvent réservé aux voyageurs aisés ou aux professionnels dont l’employeur prend en charge les billets. Même Eurostar, conscient de la menace, a annoncé investir plus de 2 milliards d’euros dans de nouvelles rames pour augmenter sa capacité de 30 %.

Deux nouvelles gares de départ à Londres

Pour de nombreux Londoniens situés à l’est de la capitale, Saint Pancras est une destination en soi avant même de monter dans le train. Stratford International, bien desservie par la ligne Elizabeth, l’Overground et le DLR, ouvrirait une option beaucoup plus pratique pour une grande partie de la population du Grand Londres et du Sud-Est.

De même, Ebbsfleet, avec ses vastes parkings, ciblerait les voyageurs venant en voiture depuis le Kent et les comtés du Sud-Est — une clientèle aujourd’hui captive de Saint Pancras.

Une expérience de réservation simplifiée

L’intégration dans l’application Uber représente une vraie simplification pour les voyageurs déjà utilisateurs de l’écosystème. Fini les allers-retours entre plusieurs sites et applications pour organiser un voyage Paris — Londres de bout en bout. C’est un confort réel, même si la valeur de ce gain dépend fortement du profil de l’utilisateur.

Ce que le projet Uber Trains révèle sur la transformation du transport grande vitesse en Europe

Au-delà du seul Paris — Londres, le partenariat Gemini — Uber est le symptôme d’une tendance de fond dans le transport européen : l’entrée des plateformes numériques dans des secteurs historiquement dominés par des opérateurs publics ou des monopoles concédés.

Uber n’est pas une compagnie ferroviaire. Ce n’est pas non plus un opérateur aérien. C’est une plateforme de distribution et de marque, qui s’adosse à des partenaires spécialisés pour pénétrer de nouveaux marchés. Ce modèle — déjà testé avec l’Uber Boat à Londres — cherche à s’étendre au rail international, avec une logique claire : celui qui contrôle la distribution contrôle la relation client, indépendamment de qui exploite physiquement le service.

C’est précisément ce que les opérateurs ferroviaires traditionnels comme Eurostar redoutent : perdre le contact direct avec leurs voyageurs au profit d’une plateforme tierce qui agrège l’offre et capte la valeur.

La vision d’Adrian Quine, CEO de Gemini, va encore plus loin : « Je pense que ce serait formidable de pouvoir acheter un billet de Manchester à Marseille, de Birmingham à Bruxelles. » Un billet unique, multimodal, couvrant l’intégralité d’un voyage à travers l’Europe. Ce n’est pas pour demain — mais c’est la direction vers laquelle ce projet pointe.

En résumé : un projet sérieux, mais encore incertain pour 2029

Uber Trains by Gemini est, à ce jour, le projet concurrent d’Eurostar le plus abouti sur le plan industriel. La sélection de Siemens Mobility pour les trains et de Rock Rail pour le financement lui donne une crédibilité que ses prédécesseurs n’avaient pas atteinte.

Mais la route vers 2029 est semée d’obstacles réels : accès au dépôt de maintenance, bouclage du financement, délais de fabrication, homologations réglementaires en France, en Belgique et au Royaume-Uni. Aucun de ces verrous n’est insurmontable, mais aucun n’est encore levé.

Pour les voyageurs qui font régulièrement Paris — Londres, la meilleure attitude est celle de la vigilance intéressée : suivre l’avancement du projet, et profiter d’ores et déjà de la pression concurrentielle qu’il exerce sur Eurostar pour obtenir de meilleurs tarifs. La bataille du transmanche ne fait que commencer.

Pour tout savoir sur les autres modes de transport disponibles entre Paris et ses aéroports, consultez notre guide sur les VTC et chauffeurs privés à Paris. Si vous envisagez un transfert vers Roissy-CDG avant de prendre votre Eurostar, retrouvez également notre comparatif taxi ou RER B pour rejoindre CDG. Et pour comprendre l’ensemble des services de taxis disponibles à Paris, notre page taxis Paris fait le tour de la question.


Questions fréquentes sur Uber Trains et la liaison Paris — Londres

Quand Uber Trains sera-t-il disponible entre Paris et Londres ?

Gemini Trains et Uber visent un lancement à partir de 2029, sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires et de la livraison des trains par Siemens Mobility. La date reste conditionnelle.

Uber va-t-il vraiment exploiter des trains ?

Non. Uber est un partenaire de co-branding et de distribution. C’est Gemini Trains qui opérera les services ferroviaires. Les trains porteront la marque Uber, et les billets seront disponibles dans l’application Uber, mais l’exploitation est assurée par Gemini.

Quels trains Uber Trains utilisera-t-il ?

Des trains Velaro Novo de Siemens Mobility, la dernière génération de la plateforme Velaro déjà déployée en Europe. Ils seront fabriqués dans les usines britanniques de Siemens, notamment à Goole (Yorkshire).

Depuis quelle gare partiront les trains Uber Trains à Londres ?

Les départs sont prévus depuis Stratford International (est de Londres, ligne Elizabeth) et Ebbsfleet International (Kent). Pas depuis Saint Pancras, contrairement à Eurostar.

Combien coûte un billet Eurostar Paris — Londres aujourd’hui ?

Les billets Eurostar démarrent à 44 € l’aller simple en réservant plusieurs mois à l’avance. En pratique, pour une réservation à moins de 15 jours, les tarifs dépassent souvent 100 à 200 € selon la période. La compagnie propose 15 à 17 trains par jour depuis Paris Gare du Nord.

Y a-t-il d’autres concurrents d’Eurostar prévus ?

Oui. Evolyn (soutenu par Trenitalia) et Virgin Trains ont également annoncé leur intention de lancer des liaisons transmanche, respectivement vers 2026 et 2030. Aucun de ces projets n’est confirmé de façon certaine à ce stade.


Futur station de métro du Grand Paris Express lignes 16 et 17, design architectural moderne avec train automatique à quai

Grand Paris Express Lignes 16 et 17 : tout savoir sur l’ouverture et l’impact 2026-2027

Alors que la ligne 15 Sud du Grand Paris Express fait l’objet de tous les regards depuis plusieurs mois, ses deux lignes sœurs avancent dans l’ombre : les lignes 16 et 17. Ces deux nouvelles artères du réseau métropolitain parisien vont transformer en profondeur la mobilité d’une zone qui a longtemps souffert d’un déficit criant de transports lourds : la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise.

Desservant des territoires aussi différents que les quartiers enclavés de Clichy-sous-Bois, les zones d’activités de la Plaine Saint-Denis, l’aéroport du Bourget ou encore le parc des expositions de Villepinte, les lignes 16 et 17 représentent bien plus qu’une extension de réseau. Elles dessinent une nouvelle carte économique et de mobilité pour une partie de l’Île-de-France. Voici tout ce qu’il faut savoir sur leur tracé, leurs stations, le calendrier réel d’ouverture — et l’impact concret sur le transport privé.

1. Contexte : pourquoi les lignes 16 et 17 sont-elles stratégiques ?

Pour comprendre l’enjeu de ces deux lignes, il faut partir d’un constat simple : la Seine-Saint-Denis est aujourd’hui l’un des déserts de transport ferroviaire lourd d’Île-de-France. Des communes entières comme Clichy-sous-Bois ou Montfermeil ne sont reliées à aucune ligne de métro ni de RER direct. Pour un habitant de Clichy-sous-Bois, rejoindre Paris en transport en commun nécessite en moyenne 1h15 avec plusieurs correspondances. La ligne 16 réduira ce temps à moins de 30 minutes.

Plus largement, la Plaine Saint-Denis concentre aujourd’hui plus de 500 000 emplois. Ce pôle économique majeur — qui accueille notamment le Stade de France, des sièges sociaux de grandes entreprises et le futur campus Olympic Legacy — reste très mal connecté transversalement. La ligne 16, en créant un axe de rocade nord, va enfin permettre des liaisons de banlieue à banlieue sans transiter par le centre de Paris.

La ligne 17, elle, s’attaque à un autre défi structurel : connecter l’aéroport Roissy-CDG au réseau automatique du Grand Paris Express. Aujourd’hui, rejoindre CDG depuis le nord de la Seine-Saint-Denis prend parfois 45 minutes. La ligne 17 proposera une liaison directe depuis Saint-Denis Pleyel jusqu’au Bourget Aéroport en moins de 20 minutes.

2. Le tracé des lignes 16 et 17 : ce que vous devez savoir

La ligne 16 : de Saint-Denis Pleyel à Noisy-Champs

La ligne 16 reliera Saint-Denis Pleyel à Noisy-Champs sur 27,5 km entièrement souterrains, desservant 10 stations. Elle partage un tronc commun de 5,5 km avec la ligne 17 entre Saint-Denis Pleyel et Le Bourget RER.

Les stations principales de la ligne 16 :

  • Saint-Denis Pleyel : Hub central en correspondance avec les lignes 13, 14, 15 et le RER D. Déjà desservie par la ligne 14 depuis 2024, c’est la gare la plus connectée du réseau GPE.
  • La Courneuve – Six Routes : Correspondance avec le tramway T1. Desserte d’un pôle d’activités en pleine densification.
  • Le Bourget RER : Nœud commun avec la ligne 17. Correspondance avec le RER B et le tramway T11. Porte d’entrée historique vers l’aéroport du Bourget.
  • Parc du Blanc-Mesnil : Desserte des zones industrielles et commerciales du Blanc-Mesnil.
  • Aulnay – Val Francilia : Au cœur d’un projet de rénovation urbaine majeur. La gare sera intégrée dans un nouveau quartier mixte.
  • Sevran – Beaudottes et Sevran – Livry : Deux gares pour une commune longtemps enclavée, avec connexion au RER B.
  • Clichy – Montfermeil : La station symbole de la ligne 16. Elle désenclave enfin deux communes isolées depuis des décennies.
  • Noisy – Champs : Terminus commun avec la ligne 15 Sud, en correspondance avec le RER A. Hub stratégique du secteur Est.

La ligne 17 : de Saint-Denis Pleyel vers l’aéroport CDG

La ligne 17 se sépare de la 16 à la gare Le Bourget RER pour prendre une direction nord vers les aéroports. Elle sera progressivement déployée en plusieurs phases :

  • Phase 1 (2027) : Saint-Denis Pleyel → Le Bourget Aéroport — tronc commun avec la ligne 16 jusqu’à Le Bourget RER, puis divergence vers l’aérodrome historique du Bourget
  • Phase 2 (2028) : Extension jusqu’au Parc des Expositions de Villepinte
  • Phase 3 (2030) : Extension jusqu’au Mesnil-Amelot en passant par l’aéroport Roissy-CDG — la connexion au grand aéroport international sera la dernière étape

La ligne 17 est principalement aérienne sur sa section nord, entre Gonesse et le Mesnil-Amelot, ce qui représente une spécificité architecturale et un défi technique majeur dans ce secteur.

3. Le calendrier réel d’ouverture : les retards confirmés

Parlons franchement des délais, car la communication officielle a souvent brouillé les pistes ces dernières années. Voici l’état exact du calendrier en ce début 2026, selon les informations publiées par la Société des Grands Projets (SGP) en décembre 2025.

La ligne 15 Sud d’abord — et ses retards en cascade

Les lignes 16 et 17 partagent le même système d’automatisation logiciel que la ligne 15 Sud. C’est ce lien technique qui crée un effet domino sur les calendriers. La ligne 15 Sud, initialement attendue fin 2026, a été reportée au début 2027 avec avril 2027 comme date butoir. Ce délai est directement lié à des ajustements complexes du logiciel commun, qui doit intégrer un volume considérable de données pour les trois lignes simultanément (gares, tunnels, systèmes de signalisation).

Lignes 16 et 17 : ouverture fin 2027 au mieux

Conséquence mécanique du retard sur la 15 Sud : les premiers tronçons des lignes 16 et 17 ne sont plus attendus au deuxième trimestre 2027 comme annoncé initialement, mais à la fin de l’année 2027. Plus précisément :

  • Ligne 16, tronçon Saint-Denis Pleyel → Clichy-Montfermeil : second semestre 2027
  • Ligne 17, tronçon Saint-Denis Pleyel → Le Bourget Aéroport : fin 2027
  • Ligne 16 complète jusqu’à Noisy-Champs : fin 2028
  • Ligne 17 jusqu’au Parc des Expositions : 2028
  • Ligne 17 jusqu’à Roissy-CDG : 2030

Les essais du matériel roulant et des équipements en gare se poursuivent tout au long de l’année 2026 sur l’ensemble des lignes. La Société des Grands Projets a précisé que les essais s’étendent progressivement à la totalité des infrastructures, mais que les phases de validation logicielle — particulièrement les plus sensibles — imposent ce calendrier prudent.

À noter : La ligne 18 (Massy-Palaiseau → Christ de Saclay) n’est pas concernée par ces retards. Son calendrier d’ouverture reste fixé à octobre 2026 pour ce premier tronçon.

4. Les nouvelles gares : des architectures remarquables

Les gares du Grand Paris Express ne sont pas de simples stations de métro. Elles ont été conçues comme des projets architecturaux majeurs, chacune dessinée par un cabinet d’architectes différent pour donner à chaque territoire une identité propre. La gare de Saint-Denis Pleyel — déjà opérationnelle sur la ligne 14 — a d’ailleurs reçu le Prix Versailles 2025, la distinguant comme l’une des sept plus belles gares du monde.

Parmi les gares des lignes 16 et 17 à anticiper :

  • Clichy – Montfermeil : Sa façade extérieure est ornée d’une pergola colorée et ajourée, signature architecturale forte d’un quartier en pleine renaissance urbaine.
  • Aulnay – Val Francilia : Intégrée dans un nouveau quartier mixte, elle sera l’une des plus profondes du réseau, avec une architecture souterraine spectaculaire.
  • Le Bourget Aéroport (L17) : Conçue pour recevoir les passagers de l’aérodrome historique du Bourget, elle sera directement connectée aux installations existantes.

5. Impact sur le transport privé : taxis, VTC et moto-taxis

L’ouverture des lignes 16 et 17 va redistribuer les cartes du transport privé dans le nord-est parisien, comme la ligne 14 Sud l’a fait au sud après son extension vers Orly. Les dynamiques seront similaires, avec quelques spécificités.

Les trajets qui vont disparaître du radar VTC

Aujourd’hui, des dizaines de milliers de déplacements quotidiens entre la Plaine Saint-Denis, Aulnay-sous-Bois, Sevran ou Clichy-sous-Bois et Paris s’effectuent en VTC ou en taxi faute d’alternative ferrée rapide. Ces trajets — souvent longs, souvent en congestion — constituent un volume de courses important pour les chauffeurs du secteur. L’arrivée de la ligne 16 absorbera une partie significative de cette demande, en particulier pour les voyageurs seuls sans bagages volumineux.

Les nouvelles opportunités : le dernier kilomètre

Comme observé autour des gares de la ligne 14, l’arrivée d’un grand nœud ferroviaire ne tue pas le transport privé — elle le réorganise. Les chauffeurs qui s’adapteront vite identifieront les nouvelles zones de demande :

  • Le dernier kilomètre depuis les gares GPE : Les nouvelles stations desservent des zones résidentielles et d’activités non couvertes par le réseau de bus local. Les courses courtes depuis la gare vers les zones pavillonnaires ou les zones industrielles vont se multiplier.
  • Les zones d’activités autour d’Aulnay et Sevran : Ces pôles économiques, en plein développement, génèreront une demande de transport professionnel (transferts entreprise, rendez-vous B2B) que le métro seul ne satisfera pas.
  • Le Bourget Aéroport (lignes 16/17) : L’aérodrome du Bourget accueille le Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace et de nombreux vols d’affaires. La desserte directe par la ligne 17 va renforcer l’attractivité du site et générer de nouveaux flux de passagers à transporter vers Paris et les alentours.

L’impact sur les transferts vers Roissy-CDG

La connexion finale de la ligne 17 à Roissy-CDG en 2030 est l’événement le plus attendu par les professionnels du transport. Cette liaison directe depuis Saint-Denis Pleyel — et donc depuis la quasi-totalité du réseau GPE — en moins de 30 minutes va modifier structurellement la demande de transferts aéroportuaires depuis le nord de Paris et la banlieue nord. Les chauffeurs VTC et taxis qui travaillent aujourd’hui massivement sur CDG auront besoin de repositionner leur offre vers les clients à forte valeur ajoutée : groupes avec bagages, clientèle premium, services de conciergerie.

6. Les lignes 16 et 17 et l’ouverture à la concurrence

Un détail souvent ignoré mais qui aura des conséquences importantes : contrairement aux lignes historiques de la RATP, les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express seront exploitées par Keolis, opérateur privé, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des transports ferroviaires en Île-de-France. Ce contrat d’exploitation, d’une durée de sept ans (plus trois en option), couvre les deux lignes et la gestion de la station Saint-Denis Pleyel. C’est une première pour le réseau métro francilien et un signal fort de la transformation du secteur.

Conclusion : patience requise, transformation assurée

Les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express n’ouvriront pas en 2026. Les retards sont confirmés et documentés. Mais ce report ne change pas la nature de ce qui s’annonce : une transformation profonde et durable de la mobilité dans des territoires qui en ont cruellement besoin depuis des décennies.

Pour les professionnels du transport — taxis, VTC, moto-taxis — l’heure est à l’anticipation. Comprendre les nouvelles géographies de flux que ces lignes vont créer, identifier les zones de demande résiduelle et se positionner sur les segments non couverts par le ferroviaire : voilà la stratégie gagnante pour les deux à trois années à venir. Pour suivre l’ensemble des évolutions du réseau francilien et leur impact sur vos déplacements, retrouvez nos analyses dans la section Futurs moyens de transports.

FAQ : Lignes 16 et 17 du Grand Paris Express

Quand ouvriront précisément les lignes 16 et 17 ?

Les premiers tronçons (Saint-Denis Pleyel → Clichy-Montfermeil pour la 16, Saint-Denis Pleyel → Le Bourget Aéroport pour la 17) sont attendus pour la fin 2027. La ligne 16 complète jusqu’à Noisy-Champs ouvrira fin 2028, et la ligne 17 atteindra Roissy-CDG en 2030.

Pourquoi les lignes 16 et 17 ont-elles pris du retard ?

Les trois lignes 15, 16 et 17 partagent un logiciel d’automatisation commun. Les ajustements techniques nécessaires sur ce logiciel, plus longs que prévu, ont décalé la ligne 15 Sud à début 2027, entraînant en cascade le report des lignes 16 et 17 à fin 2027.

Qui exploitera les lignes 16 et 17 ?

Keolis, opérateur privé, a remporté le contrat d’exploitation en 2023 pour les deux lignes, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des transports en commun en Île-de-France. C’est une première pour le réseau métro francilien.

La ligne 16 desservira-t-elle Clichy-sous-Bois ?

Oui. La station Clichy – Montfermeil est l’une des gares emblématiques de la ligne 16. Elle désenclavera enfin ces deux communes qui ne disposent d’aucune connexion au réseau ferré lourd actuellement. Son ouverture est prévue lors de la mise en service du premier tronçon fin 2027.

La ligne 17 remplacera-t-elle le CDG Express ?

Non, ce sont deux projets distincts. La ligne 17 reliera Roissy-CDG au réseau GPE (Saint-Denis Pleyel, ligne 14, ligne 15) en 2030. Le CDG Express, s’il est réalisé, visera une liaison directe Gare de l’Est – CDG sans arrêts intermédiaires. Les deux projets sont complémentaires.

Véhicule autonome sans chauffeur circulant la nuit sur un boulevard parisien, avec la Tour Eiffel en arrière-plan

Robotaxis et voiture autonome : quand Paris verra-t-elle ses premiers taxis sans chauffeur ?

Waymo, la filiale de Google, effectue 450 000 trajets par semaine aux États-Unis sans aucun conducteur à bord. Zoox, propriété d’Amazon, opère ses navettes autonomes à Las Vegas en partenariat avec Uber. Bolt annonce 100 000 robotaxis en Europe d’ici 2035. Et pendant ce temps, Paris ? La capitale française reste, pour l’heure, à l’écart de ces déploiements commerciaux. Mais pour combien de temps encore ?

La question du robotaxi à Paris est à la fois technique, réglementaire et politique. Ce dossier fait le point sur ce qui existe vraiment en 2026, sur les obstacles spécifiques à la France, et sur ce que les professionnels du transport — taxis, VTC, moto-taxis — ont à anticiper pour les années à venir.

1. L’état du robotaxi dans le monde en 2026 : plus avancé qu’on ne le pense

Pour comprendre où en est Paris, il faut d’abord mesurer l’écart avec les marchés pionniers.

Waymo : le leader mondial, désormais à Londres

Waymo, filiale d’Alphabet (Google), est l’acteur le plus avancé de la planète. Ses chiffres en ce début 2026 sont vertigineux : plus de 2 500 robotaxis en circulation, 450 000 trajets hebdomadaires, présence dans six grandes agglomérations américaines — Phoenix, San Francisco, Los Angeles, Austin, Atlanta, Miami. La société a levé 16 milliards de dollars en février 2026, portant sa valorisation à 126 milliards, pour financer son expansion dans plus de 20 nouvelles villes.

La rupture stratégique majeure de 2026 : Waymo sort des États-Unis. Londres est officiellement la première cible européenne, avec un lancement de service prévu courant 2026, d’abord avec un conducteur de sécurité avant un passage progressif en mode 100 % autonome. Le cadre juridique britannique — l’Automated Vehicles Act de 2024 — lui offre un terrain réglementaire clair que la France ne possède pas encore.

Uber et Zoox : la montée en puissance du partenariat

Uber a fait le choix stratégique de ne pas développer sa propre technologie de conduite autonome, mais de s’associer aux meilleurs opérateurs. Le partenariat avec Zoox (Amazon) permet déjà des trajets sans chauffeur via l’application Uber à Las Vegas. Celui avec Lucid/Nuro prévoit une flotte de 20 000 véhicules autonomes d’ici fin 2026 dans 15 villes mondiales. Uber est présent sur des trajectoires commerciales concrètes — pas sur des promesses.

Le site du site a déjà couvert l’offensive de Zoox et Uber au CES 2026 : les annonces de janvier sont depuis confirmées par des déploiements réels.

Bolt : l’ambition européenne affichée

L’opérateur estonien Bolt, très présent en Europe dont en France, a annoncé fin mars 2026 un objectif de 100 000 robotaxis en Europe d’ici 2035. La plateforme s’appuie sur la technologie Nvidia Drive Hyperion et prévoit des déploiements progressifs dans les grandes métropoles européennes au fur et à mesure des validations réglementaires nationales.

Baidu et la Chine : l’échelle industrielle

En Chine, Baidu Apollo Go réalise des millions de trajets commerciaux sans conducteur à Wuhan, Pékin et Shanghai, à des tarifs défiant toute concurrence (environ 0,55 € le kilomètre contre 1,80 € en taxi classique). Ce marché est d’une échelle sans commune mesure avec l’Europe, mais il démontre la viabilité économique du modèle à grande échelle.

2. La France et Paris : où en est-on vraiment ?

Le cadre réglementaire : autorisé mais très encadré

La France n’est pas en retard réglementaire par ignorance — elle a au contraire légiféré tôt. Depuis septembre 2022, un décret du ministère des Transports autorise la circulation de véhicules à délégation de conduite de niveau 3 sur voie publique, dans des conditions strictes :

  • Route séparée par un terre-plein central, interdite aux piétons et cyclistes
  • Vitesse maximale de 60 km/h
  • Conducteur devant rester en mesure de reprendre le contrôle à tout moment
  • Conditions météorologiques clémentes

Cette autorisation couvre la conduite semi-autonome — pas le robotaxi sans conducteur. Pour un véhicule de niveau 4 (autonomie complète dans un périmètre défini, sans conducteur à bord), la France ne dispose pas encore d’un cadre commercial. Des expérimentations sont autorisées au cas par cas, mais aucun service commercial grand public sans conducteur n’est actuellement légal à Paris.

Le verrou réglementaire européen

La France n’est pas seule dans ce vide : l’Union Européenne travaille à une harmonisation des règles sur les véhicules autonomes, avec une date cible à mi-2026 pour finaliser les cadres internationaux via le Forum mondial de l’ONU pour l’harmonisation des réglementations. Jusqu’à cette harmonisation, chaque pays reste libre — ce qui crée précisément la fragmentation qui ralentit les déploiements commerciaux en Europe continentale.

L’Allemagne a pris une longueur d’avance : depuis 2021, elle autorise légalement l’exploitation de véhicules autonomes de niveau 4 sur la voie publique dans des zones définies. La France, plus prudente sur le plan politique et plus complexe réglementairement (Convention de Vienne sur la circulation routière), progresse plus lentement.

Les expérimentations en cours en France

Des tests de véhicules autonomes ont eu lieu en France dans plusieurs configurations :

  • Navettes autonomes en zone fermée : plusieurs aéroports, zones industrielles et campus universitaires testent des navettes autonomes à vitesse réduite depuis plusieurs années
  • Essais sur route ouverte : des autorisations de circulation expérimentale ont été accordées à des acteurs comme Navya, Stellantis ou Renault sur des parcours prédéfinis
  • Paris : aucun déploiement commercial de robotaxi sans conducteur n’a eu lieu en conditions réelles de circulation urbaine dense à ce jour

3. Pourquoi Paris est-elle particulièrement complexe pour les robotaxis ?

Les ingénieurs de Waymo le reconnaissent eux-mêmes : Paris est l’une des villes les plus difficiles au monde pour la conduite autonome. Plusieurs facteurs expliquent cette complexité.

La densité et l’imprévisibilité du trafic parisien

Les systèmes de conduite autonome s’appuient sur des règles de circulation prévisibles et des comportements standardisés. Paris cumule les difficultés : la Place de l’Étoile avec ses 12 avenues convergentes et l’absence de marquage au sol clair, les motos et scooters qui circulent en interfile de manière légale, les piétons qui traversent en dehors des passages, les livreurs à vélo à contresens, les bus qui font des embardées en station. Aucun environnement de test américain ne prépare à cette réalité.

L’infrastructure cartographique à construire

Avant de déployer un robotaxi dans une ville, il faut en réaliser une cartographie HD (haute définition) centimétrique de la totalité du réseau routier. Cette cartographie doit être maintenue en temps réel à mesure que la ville évolue — chantiers, déviations, nouvelles pistes cyclables, modifications de signalisation. Paris est en transformation permanente depuis plusieurs années (Grand Paris Express, pistes cyclables, ZTL) ce qui représente un défi de maintenance cartographique considérable.

La question de la responsabilité civile et pénale

En France, la question de la responsabilité en cas d’accident impliquant un véhicule autonome est partiellement résolue : si le système de délégation de conduite est activé, la responsabilité du constructeur est engagée (et non celle du conducteur). Mais pour un véhicule sans conducteur du tout, la chaîne de responsabilité pénale reste floue — un obstacle juridique que les assureurs et les opérateurs doivent impérativement clarifier avant tout déploiement commercial.

4. Quel calendrier réaliste pour Paris ?

En croisant les signaux réglementaires, technologiques et commerciaux, voici le calendrier le plus probable pour l’arrivée des robotaxis dans la capitale française.

2026-2027 : Les premières expérimentations commerciales limitées

Il est peu probable que 2026 voie un service commercial grand public de robotaxi sans conducteur à Paris. En revanche, des expérimentations élargies sont attendues dans des périmètres restreints — zones aéroportuaires, axes autoroutiers périphériques, campus d’entreprises. La pression de l’exemple londonien (Waymo) sera un accélérateur politique fort pour la France.

2027-2029 : La phase pilote dans des zones délimitées

Si l’harmonisation réglementaire européenne aboutit à mi-2026, la France pourrait avoir un cadre commercial pour le niveau 4 d’ici 2027-2028. Les premiers déploiements commerciaux à Paris seraient alors limités à des zones géographiques précises (hypercentre, axe aéroports, La Défense) et à des horaires définis. Le modèle le plus probable : un opérateur existant (Uber, Bolt) intégrant des véhicules autonomes à sa flotte aux côtés de véhicules avec chauffeur.

2030 et au-delà : Le déploiement progressif à grande échelle

La démocratisation réelle du robotaxi à Paris — service disponible partout, à tout moment, pour tous les profils de trajet — n’est pas envisageable avant 2030 au mieux. McKinsey estime que les robotaxis n’atteindront pas la parité de coût avec les transports classiques avant 2035. À cette échéance, le paysage du transport privé parisien aura fondamentalement changé.

5. Ce que cela signifie pour les professionnels du transport parisien

Le déploiement des robotaxis ne sonnera pas la fin immédiate des taxis, VTC et moto-taxis parisiens. Plusieurs raisons structurelles garantissent une coexistence durable.

Premièrement, les premières générations de robotaxis ne couvriront pas tous les profils de trajets. Un véhicule autonome sera adapté aux trajets en conditions standards, de jour, sur des axes cartographiés. Les situations atypiques — transport de personnes avec mobilité réduite nécessitant de l’aide, bagage encombrant, destination hors périmètre couvert, trajet de nuit dans une zone dense non cartographiée — resteront longtemps l’apanage du chauffeur humain.

Deuxièmement, la montée en gamme du transport privé s’accélèrera. Comme l’extension de la ligne 14 vers Orly a redistribué les flux sans détruire le marché du VTC, les robotaxis absorberont les trajets les plus standardisés et libéreront les professionnels humains pour les segments à valeur ajoutée : conciergerie, transport premium, clientèle senior ou PMR, gestion de l’imprévue.

Troisièmement, et c’est peut-être le signal le plus fort, les grandes plateformes comme Uber ou Bolt ne remplaceront pas leurs chauffeurs — elles intégreront les véhicules autonomes à leurs flottes existantes. Les chauffeurs professionnels qui connaissent ces plateformes, leurs algorithmes et leur clientèle seront les mieux placés pour naviguer dans ce nouveau paradigme.

Conclusion

Le robotaxi à Paris n’est plus une question de « si » mais de « quand » et de « comment ». Les signaux sont convergents : Waymo à Londres dès 2026, Bolt en Europe d’ici 2027-2028, une réglementation française qui évolue, une pression concurrentielle qui s’intensifie. Mais Paris conservera une spécificité durable — sa complexité urbaine, ses exigences réglementaires et sa culture de mobilité — qui garantit aux professionnels du transport humain une fenêtre d’adaptation de plusieurs années. La clé : anticiper, monter en gamme, et comprendre que la complémentarité sera la règle bien avant le remplacement. Pour suivre l’ensemble des évolutions de la mobilité autonome en Île-de-France, retrouvez nos analyses dans notre section Futurs moyens de transports.

FAQ : Robotaxis et voiture autonome à Paris

Les robotaxis sont-ils légaux en France en 2026 ?

La conduite autonome de niveau 3 (semi-autonome, avec conducteur prêt à reprendre le contrôle) est légale depuis septembre 2022 dans des conditions strictes. En revanche, un service commercial de robotaxi sans conducteur à bord (niveau 4) n’a pas encore de cadre légal commercial en France. Des expérimentations sont autorisées au cas par cas, mais aucun service grand public n’est opérationnel.

Quand Waymo arrivera-t-il à Paris ?

Waymo cible Londres comme première implantation européenne en 2026. Paris n’est pas dans les annonces officielles à court terme. L’arrivée à Paris dépend de l’évolution du cadre réglementaire français et européen, qui pourrait aboutir à une harmonisation d’ici mi-2026, ouvrant la voie à des déploiements pilotes en 2027-2028.

Les taxis et VTC parisiens vont-ils disparaître à cause des robotaxis ?

Non, pas à l’horizon prévisible. Les robotaxis couvriront d’abord des trajets standardisés dans des zones délimitées. Les chauffeurs professionnels conserveront un avantage significatif sur tous les trajets atypiques, complexes, premium ou nécessitant une interaction humaine. La complémentarité prévaudra largement sur le remplacement pour la décennie à venir.

Combien coûtera un trajet en robotaxi ?

En 2026, les robotaxis opèrent à des coûts d’exploitation supérieurs aux taxis classiques (7 à 9 $ par mile selon McKinsey). Le prix au passager est donc similaire ou légèrement supérieur à un VTC standard. La parité de coût avec les transports classiques n’est pas attendue avant 2035, quand les flottes auront atteint une échelle suffisante pour amortir les coûts technologiques.

Uber propose-t-il déjà des trajets sans chauffeur ?

Oui, mais uniquement aux États-Unis pour l’instant. Uber intègre des véhicules Waymo à Atlanta et Austin, et prépare un déploiement de véhicules Zoox à Las Vegas. En Europe, ces services ne sont pas encore disponibles. En France, Uber opère exclusivement avec des chauffeurs professionnels titulaires d’une carte VTC.

L’essor des Taxis Volants (eVTOL) à Paris : De l’expérimentation à la réalité

Par la rédaction de transportdepersonne.com – Dossier spécial Mobilité Aérienne Urbaine

Longtemps perçus comme une promesse lointaine tout droit sortie de la science-fiction, les taxis volants, ou eVTOL (electric Vertical Take-Off and Landing), font désormais partie intégrante des discussions sur l’avenir de la mobilité en Île-de-France. En ce début d’année 2026, le secteur a franchi une étape décisive : nous ne sommes plus dans le temps de la simple démonstration technique, mais dans celui de l’intégration opérationnelle et commerciale.

Après des années de tests rigoureux menés sur le site de l’aérodrome de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin, la France s’impose comme le leader européen de la mobilité aérienne urbaine (UAM). Ce dossier complet revient sur les enjeux, les technologies et les perspectives de ce nouveau mode de transport de personnes qui s’apprête à redéfinir le ciel parisien.


1. Le bilan de l’expérimentation à Pontoise : Un succès technologique

L’aérodrome de Pontoise a servi de véritable « bac à sable » à ciel ouvert pour les géants du secteur, tels que Volocopter, Lilium ou encore Airbus Helicopters avec son CityAirbus NextGen. Ces essais, menés en collaboration étroite avec le Groupe ADP (Aéroports de Paris) et la RATP, ont permis de lever les verrous technologiques majeurs.

La gestion du bruit : C’était la crainte principale des riverains. Les tests acoustiques réalisés en conditions réelles ont démontré que les eVTOL sont environ quatre fois moins bruyants que les hélicoptères conventionnels. En vol de croisière, le son émis se fond dans le bruit de fond urbain, un argument de poids pour obtenir les autorisations de survol des zones denses.

La sécurité et l’insertion aérienne : La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a validé les protocoles de communication entre les taxis volants et les tours de contrôle traditionnelles. L’automatisation progressive des trajectoires permet désormais une gestion fluide, même à proximité de couloirs aériens très fréquentés.

2. Les « Vertiports » : Les nouvelles gares du ciel

Pour que le transport de personnes par voie aérienne soit efficace, il nécessite des infrastructures de décollage et d’atterrissage spécifiques : les vertiports. Contrairement aux héliports classiques, ces zones sont équipées de bornes de recharge ultra-rapide haute puissance, capables de recharger les batteries des appareils en quelques minutes seulement.

En 2026, plusieurs sites stratégiques sont opérationnels ou en cours de finalisation en Île-de-France :

  • Le Vertiport de Paris-Austerlitz : Une barge amarrée sur la Seine, offrant un accès direct au cœur de la capitale.
  • Le Hub de Paris-Charles de Gaulle : Connectant directement les terminaux internationaux aux centres d’affaires.
  • Le site d’Issy-les-Moulineaux : Porte d’entrée pour les quartiers de l’ouest parisien.

3. Un service premium pour le transport de personnes

Il est important de noter qu’en 2026, le taxi volant ne remplace pas encore le métro ou le VTC classique pour le grand public. Il s’agit d’un service **haut de gamme**, ciblant principalement :

  • Le tourisme de luxe : Offrir une vue imprenable sur Paris tout en évitant les transferts de deux heures depuis les aéroports.
  • Le transport d’urgence : Transferts d’organes ou de personnels médicaux entre hôpitaux du Grand Paris.
  • Le voyage d’affaires : Pour les cadres dirigeants dont le temps est la ressource la plus précieuse.

Un trajet Aéroport CDG <> Paris Centre s’effectue désormais en 12 à 15 minutes, contre une moyenne d’une heure par la route en voiture et 35 minutes pour un taxi moto, la solution actuelle la plus rapide. Le prix, bien qu’en baisse, reste aligné sur les services de VTC premium type « Berline de luxe » ou « First Class ».

4. Les défis restant à relever : Énergie et Réglementation

Malgré l’enthousiasme, la démocratisation des eVTOL fait face à deux défis majeurs. D’une part, la **densité énergétique des batteries**. Pour augmenter l’autonomie et le nombre de passagers (actuellement limité à 2 ou 4 selon les modèles), la recherche se tourne vers les batteries solides, plus légères et plus sûres.

D’autre part, la **réglementation européenne** pilotée par l’EASA (Agence européenne de la sécurité aérienne) continue d’évoluer. La question du pilotage automatique total est au centre des débats : si les modèles actuels conservent un pilote à bord pour rassurer les passagers, le passage à l’autonomie complète sera le véritable levier pour diviser les coûts par trois.


Conclusion : Paris, capitale mondiale de la 3D Mobility

L’essor des taxis volants à Paris en 2026 n’est plus un mirage. Grâce aux expérimentations réussies de Pontoise et à une volonté politique de décarbonation des transports, la capitale française a pris une avance considérable sur New York ou Dubaï. Le transport de personnes entre dans une nouvelle dimension, littéralement.

Pour les professionnels du secteur, c’est un signal fort : la complémentarité entre le transport terrestre (VTC, Taxis, Grand Paris Express) et le transport aérien léger sera la clé de la mobilité urbaine des dix prochaines années.

À retenir : En 2026, le ciel de Paris devient une infrastructure de transport à part entière, silencieuse, électrique et ultra-rapide. Un marché estimé à plusieurs milliards d’euros à l’horizon 2030.

Grand Paris Express : Quelles stations ouvriront en premier sur la ligne 15 Sud ?

Infrastructures & Mobilité – Dossier Spécial 2026

Le chantier du siècle entre dans sa phase finale pour son tronçon le plus attendu. La Ligne 15 Sud, véritable colonne vertébrale du Grand Paris Express, s’apprête à transformer les déplacements de plus d’un million d’habitants. Ce métro automatique de 33 km reliera Pont de Sèvres à Noisy-Champs en un temps record.

Un calendrier d’ouverture imminent

En ce début d’année 2026, les essais de roulage s’intensifient. L’ouverture complète du tronçon Sud est confirmée pour la fin de l’année. Ce projet va permettre de contourner Paris sans avoir à transiter par le centre, désengorgeant ainsi les lignes 13 et le RER B.

Les stations clés et les temps de parcours

  • Pont de Sèvres <> Noisy-Champs : 37 minutes (contre 1h05 aujourd’hui).
  • Villejuif-Gustave Roussy : Le futur hub stratégique en correspondance avec la ligne 14.
  • Vitry-sur-Seine : Une desserte majeure pour les quartiers en pleine rénovation.

Impact sur le transport de personnes

L’arrivée de la ligne 15 redessine la carte du transport privé. Les chauffeurs de VTC et Taxis voient déjà l’émergence de nouveaux pôles de prise en charge autour des gares monumentales comme celle de Saint-Maur – Créteil, qui sera la plus profonde de France.

L’avis de l’expert : La ligne 15 Sud ne va pas seulement transporter des voyageurs, elle va créer de nouveaux centres économiques. La valeur immobilière aux abords des stations a déjà bondi de 15% en moyenne.

image d'une navette Zoox

L’offensive de Zoox et Uber au CES 2026 : Le Robot-Taxi devient une réalité industrielle

Voiture autonome au CES 2026, l’événement de Las Vegas vient de confirmer le passage de la science-fiction à la réalité industrielle. Cette année, les annonces ne se limitent plus à des prototypes de laboratoires, mais concernent des déploiements massifs qui vont redéfinir le service de transport urbain. Entre les essais passagers impressionnants de Zoox et l’alliance titanesque entre Uber, Lucid Motors et Nuro, le secteur de la mobilité entre dans une ère d’intelligence artificielle physique sans précédent.

Zoox (Amazon) : une navette autonome qui privilégie la fluidité et la sécurité

La filiale d’Amazon, Zoox, a marqué les esprits par la maturité de sa navette électrique. Lors de tests effectués par des journalistes sur route ouverte, le véhicule a démontré une capacité de conduite fluide, éliminant les hésitations propres aux anciennes générations de logiciels. Le sentiment de sécurité est immédiat, porté par une anticipation constante des obstacles.

L’expérience à bord se rapproche davantage d’un salon de luxe que d’un moyen de transport classique. En l’absence de poste de conduite, l’espace intérieur offre un confort de route supérieur à celui d’une berline premium standard. Pour les utilisateurs, cette technologie promet une ponctualité rigoureuse, dictée par des algorithmes capables d’optimiser chaque trajet en temps réel.

L’alliance Uber, Lucid et Nuro : un déploiement massif de 20 000 véhicules

Le géant Uber a frappé un grand coup en confirmant une commande ferme de 20 000 Lucid Gravity. Ces SUV de luxe seront transformés en robot-taxi pour rejoindre la flotte mondiale de l’opérateur. Ce partenariat stratégique, renforcé par une injection de 300 millions de dollars d’Uber dans Lucid, vise à proposer une alternative technologique au chauffeur privé actuel.

Nvidia Drive et Nuro : l’intelligence au cœur du robot-taxi

La réussite de ce projet repose sur une architecture technologique de pointe intégrant les meilleurs acteurs du marché :

  • Nvidia Drive AGX Thor : Le « cerveau » du véhicule, capable de traiter des flux de données massifs pour une sécurité totale.
  • Technologie Nuro : Le logiciel de conduite autonome de Nuro pilote désormais les châssis Lucid avec une précision chirurgicale.
  • Expérience Utilisateur : Le Lucid Gravity assure un standing haut de gamme, indispensable pour séduire une clientèle habituée au prestige.

Un nouveau paradigme pour le transport de prestige

L’omniprésence de la voiture autonome au CES 2026 ne signifie pas la fin du métier de transporteur, mais son évolution. L’automatisation permet de garantir une sécurité constante et une disponibilité 24/7. Pour les passagers, c’est l’assurance d’un trajet sans stress, où le temps de transport devient un temps de détente ou de travail, servi par une technologie qui ne fatigue jamais.

Conclusion

Le CES 2026 marque l’an I du robot-taxi grand public. Avec des investissements massifs comme ceux d’Amazon dans Zoox et la flotte record d’Uber avec Lucid, la mobilité autonome sort des zones de test pour conquérir les métropoles. La fluidité des démonstrations de cette semaine prouve que la barrière technologique est franchie, laissant place à une nouvelle ère de services de transport automatisés et ultra-sécurisés.

Le Grand Paris Express

Le Grand Paris Express est un futur réseau de nouvelles lignes automatiques de métro. Son chantier va s’étendre autour de la capitale d’ici à l’année 2030. Le but est transformer la métropole parisienne en une grande métropole européenne pour améliorer les transports en commun, la qualité de vie des Franciliens et participer à la construction d’une ville orientée vers le développement durable.

Les informations pour des voyageurs

Avec ses 200 km de voies automatiques (l’équivalent du métro actuel), ses 68 nouvelles gares et ses 4 nouvelles lignes, le Grand Paris Express participera à une radicale amélioration du transport public en Ile de France. Il pourra desservir 2 millions de voyageurs par jour. Il rapprochera les banlieues et allégera le trafic de voitures. Avec une rame toutes les 2 à 3 minutes, le transport francilien va être beaucoup plus rapide. Toutes les rames seront 100% automatisées. Le plus grand chantier européen du siècle va bouleverser la dynamique des territoires du Grand Paris.
Les voyageurs pourront se rendre dans de nouvelles gares qui vont être construites à des profondeurs parfois inédites en France, et dotées d’équipements ultra modernes.

Les nouvelles lignes du métro

Le Grand Paris Express comptera quatre nouvelles lignes : la 15, 16, 17 et 18, ainsi que la ligne 14 qui sera prolongée dans les deux sens. Toutes ces lignes seront bien entendu connectées aux lignes de métro déjà existantes. Le métro sera majoritairement souterrain et traversera la région du Grand Paris afin de relier les différentes banlieues les unes aux autres. Il sera enfin possible de voyager d’un point à un autre sans forcément passer par la capitale.
Le Grand Paris Express desservira les pôles importants comme les gares, les aéroports, les centres d’affaires et les centres universitaires. Il desservira également certains territoires d’Ile de France qui sont pour le moment isolés. Le but est de faciliter le transport des Franciliens tant du point de vue de la rapidité que de l’efficacité.

Un projet urbain unique en Europe

Les travaux de cette méga-structure hors norme devraient durer de 6 à 12 ans. La couverture satellite des chantiers sera systématique. Le projet implique presque 300 chantiers dans toute la région parisienne. Des opérations gigantesques sont prévues : la destruction de bâtiments, le déplacement de dalles de 3000 tonnes, le percement de puits gigantesques et le lancement de 20 machines ultra perfectionnées pour creuser les 170 km de voies souterraines. La technique la plus moderne du moment sera utilisée pour percer les tunnels.